Tous les dessins, croquis et aquarelles figurant dans ces pages, sauf mention contraire, sont réalisés exclusivement sur le motif avec parfois, pour des raisons climatiques ou temporelles, des finitions en atelier.
La plupart sont sur carnet, quelques uns sur papier libre et dans les deux cas ils ne sont pas libres de droit, merci de me demander l'autorisation de reproduction.

Translate

jeudi 24 janvier 2013

Tranche de vie 2

Jeudi 24 janvier 2013
10 h00 je suis encore à la terrasse de Pélisson.
Beaucoup d'hommes, importants, surement investis de missions, sinon divines, au moins d'affaires. En ces temps plutôt grisouillants, certains auraient tendance à faire un mix des deux, faisant l'une et se sentant de l'autre.
Bref, des hommes en costumes pour la plupart, cravatés pour les occidentophiles, deux pièces manches courtes pour les plus classiques.
Ils discutent actualité, refont les conflits internationaux et commentent les potins de quartiers, sûrement leur pause matinale. D'autres en uniformes, lunettes noires, médaillés comme un arbre de noël, n'inspirant guère à la déconnade, participent à cet exercice démocratique du café du commerce.
Évoluant sur cette même terrasse, un autre individu, dans l'indifférence quasi générale, œuvre à la brillance des souliers en cuir de ces messieurs.
Un homme, plutôt jeune, toujours le même, sûrement sélectionné pour sa discrétion et son professionnalisme,  élégamment vêtu sans pour autant être déguisé, participe à son niveau, au bon fonctionnement du système.
Traité avec un léger mépris dû à son rang inférieur, socialement et spatialement, ne s'adressant à lui qu'avec des gestes de la main, parfois même un claquement de doigts (sûrement un fan des Stones !) et un sourire crispé (forcé) pour lui donner la pièce.

Encore un joli moment d'humanité.....

....Le grand soir n'est pas pour si tôt !


....Alors en l'attendant, je traîne mes carnets et boites de couleurs sur la côte, guettant un drapeau noir ......







dimanche 13 janvier 2013

38ème marathon

38 ème édition du world wide sketchcrawl (ou marathon de croquis), déjà le deuxième au Gabon et toujours à Libreville.
....Sinon tout est dit sur le flyer ....



Oui, je sais, il faut que je règle la date de l’appareil photo


Ya pire ....

mardi 1 janvier 2013

Séjour à l'intérieur.

26 Décembre, 
Lambaréné, jour 1
Départ 8 heures de Libreville, jusqu'au PK12 s'ensuit une série d'échoppes, de gares routières, de stations de taxis, de marchands ambulants, bref, le bordel.
Ensuite une série de travaux et de route défoncée  garnis de nids d'autruches, que dis-je, de gouffres à brontosaures pendant une centaine de kilomètres, juste de quoi se dire que l'on va y mettre la journée. Et après, un billard à peine croyable sur les cent et quelques derniers kilomètres.
Bref, après 4 heures de route et avoir traversé la ligne de l'équateur nous voila à Lambaréné et par la même occasion dans l'hémisphère sud !
On cherche  la fondation de l’hôpital Schweitzer et soit nous nous bonifions, soit nous nous habituons mais on le trouve, sans trop de galères.
Repas sur une terrasse surplombant l'Ogooué, sanglier, capitaine à l'odika, puis visite de la partie historique de l’hôpital, la tombe d'Albert, sa chambre, son lit, son bureau, ses lettres reçues d'illustres contemporains (l'Abbé Pierre, Albert Einstein, le Prince de Monac.....), ses chaussures (Pointure 45 !), son piano, toute son intimité étalée devant nous, presque indécent.
Fin d'après midi chez les sœurs de la confrérie de je ne sais plus quel ordre, ah oui, l'immaculée conception (la bonne blague !) le site est remarquable, l'architecture des bâtiments de briques roses, le sol en tomettes, vue imprenable sur le fleuve. Il faudra revenir, le lieu sent bon l'humanisme (ce qui n'est pas incompatible) tout de simplicité et de gentillesse.
Retour chez Albert, où le site n'est pas en reste, en face, sur l'autre rive.
Repas dans la salle commune, avec le corps médical au quotidien atypique.
Repos.
Embarcations amarrés sur l'Ogooué



Lambaréné, jour 2
Lever 6h30, réveillé par la forêt de cette case ouverte sur l'Ogooué ou seule une moustiquaire (question de survie) nous sépare de la nature.
7h30 petit dej en salle commune.
Programme : 9h00 départ pour une visite en pirogue du fleuve et d'un lac proche de la ville.
réalité : 10h00......L'école de la patience, effectivement ce n'est pas grave, personne ne s'énerve, c'est comme ça !
Existe t-il des statistiques sur le stress au travail ici ?
Bref, accompagné de notre guide "Yaya" nous voila parti dans les méandres du fleuve, slalomant entre les papyrus et autres espèces de plantes aquatiques. S’engouffrant dans les bras d'eau ou la forêt n'autorise qu'une seule pirogue à la fois et débouchant sur un lac majestueux constellé d'ilots plus ou moins importants. 
2 heures hors du temps, à faire rêver même un citadin convaincu.....même un Parisien. Alors moi.......bon client que je suis de tout ceci....j'en rêve encore....et encore longtemps.
Terrasse sur l'Ogooué


Lambaréné, jour 3
Départ pour l'aventure, nous prolongeons d'une nuit afin de pouvoir visiter une mission perdue dans la forêt, j'ai du convaincre ma douce, non sans mal de s'enfoncer un peu plus, de rencontrer, découvrir, de se remplir.
1h30 de route plein sud puis nous quittons la nationale 1 pour une piste de latérite en relativement bon état, 30 minutes plus loin, le village de Sindara, on cherche notre chemin pour la mission abandonnée et on le trouve, nous sommes vraiment en forme !
La piste s'étroitise, la végétation se fait de plus en plus présente, puis au bout de quelque distance, un vieux portail métallique, forcément rouillé, ouvert sur une allée, meilleurs que nous sommes nous essayons, bingo, la mission.
2 groupements tout en briques roses avec arcades autour d'une clairière faisant office de place de village, pas si à l'abandon que cela mais pas une âme (humaine).


Le site est désert mais parait (au moins) partiellement habité. Pause repas, visite de la chapelle notre dame de l'équateur, il fait très chaud, le temps d'un croquis et nous repartons.
Nous croisons alors une femme revenant des champs avec son enfant, on s'arrête demander quelques renseignements et elle nous envoie un peu plus loin, en continuant la piste vers le dernier village en bord de rivière.
Demi tour, je sens ma moitié s'acharner sur les poignées au fur et à mesure que l'on avance et que la piste rétrécit, quelque kilomètres et voila Douani, personne et fin de la route. C'est alors qu'un jeune homme vient à notre rencontre et nous accompagne vers la rivière par un chemin ou, comme la veille, la végétation n'autorise qu'un seul véhicule. Madame termine d'arracher la poignée sur les derniers mètres (en côte et chaotique).
L’hôpital Schweitzer
Cul de sac, nous terminons à pied, c'est le lieux d’amarrage de leur pirogue pour la pêche, une des principales activités avec la chasse et les champs. Un rapide, la chute Tsamba, surplombe les lieux, magnifique, nous ne sommes pas en saison sèche et les eaux sont puissantes, pas d'animaux.
Retour au village, ma passagère se détend, nous cherchons comment remercier Sylvain, notre guide, et le chef du village se présente et vient vers nous -nous aurions du commencer par là- le protocole....ici aussi....Nous échangeons, moment officiel, plutôt sympathique. Il nous parle d'un planteur d'ananas, nous irons donc lui en prendre.
Fin du protocole, on repart avec Sylvain dans la forêt, vers la plantation, dix minutes de marche, du vert partout, la végétation intense et il fait toujours très chaud. 
Une clairière, le champ.
Le planteur, un homme mur, un sage, avec ses enfants est assis à l'ombre d'un majestueux manguier, à écouter pousser ses plants, il nous accueille chaleureusement. Peu de blancs dans les environs et une saine curiosité, qui êtes vous ? Que faites vous ?..... Une belle rencontre.
Nous repartons avec 3 ananas, offerts (!) pour nous remercier d'être venus jusqu'à lui. Gênés, on laisse un petit quelque chose aux enfants, je ne sais pas si c'était une bonne chose....
Retour Lambaréné, repas centre ville, trop gros contraste, fatigue, Schweitzer.

Jour 4.

Retour sur la capitale, quelques arrêts prévus, notamment sur la ligne de l'équateur et d'autres imprévus, on quitte la N1 pour trouver un coin repas tranquille (une aire de repos quoi !)-piste de latérite- quelques ponts de planches plutôt précaires- ma compagne regrette d'avoir achevé les poignées et s'attaque aux garnitures du siège-
Arrêt à l'ombre, au milieu d'une plantation d’hévéa, un homme sort du bois, le récolteur (?) et nous explique son job, seul dans plusieurs hectares à entailler l'écorce.

Chroniques de l'équateur.
Libreville le 31/12/12.



Bonne année 2013 à tous








dimanche 23 décembre 2012

Le monde bouge

Les temps changent et pas que le climat et pourtant les filles se mettent toujours en jupe pour les mêmes raisons et ce n'est pas, non plus, qu'une histoire climatique.
Les hommes ont encore soif de pouvoir et de puissance, pour essentiellement profiter des jambes des filles, ici aussi !

 .......Le monde est bien fait ......

Il est des périodes plus ou moins élégantes pour faire tourner la terre, mais il s'agit toujours de quelques grands hommes, souvent les mêmes, assis autour d'une bonne table pour y déblatérer de sujets très sérieux, habillés de costumes sombres et sortant de véhicules guère plus joyeux.
Quelquefois, et quelques uns seulement, empreints de culture, de poésie, d'art et d'utopies (mais pas tout à la fois, faut rien exagérer ils portent eux aussi des costumes sombres !), s'y égarent alors l'espoir revient. Mais les hommes conformes veillent et ne sont jamais bien loin, remettent le cadre, fermant quelques portes, bien trop affairés sur leurs dossiers très sérieux pour se permettre un peu de recul  et envisager réellement participer à la conduite de l'espèce.
Alors les continents dérivent, la température grimpe et les filles montrent leurs jambes.
CQFD 
Bref, le monde bouge !


Le phare de cap Esterias à marée haute

La forêt dense danse sous les alizés, et inversement !


mercredi 12 décembre 2012

C'est fatiguant une ville la nuit.

Libreville, 19 heures, la nuit vient de tomber.
Dans les quartiers les échoppes s'installent, à même le sol, et les échoppiers haranguent le passant.
Les trottoirs sont envahis, les piétons rejetés sur la voie, avec les véhicules et Oh miracle, la cohabitation fonctionne (ou du moins à l'air de).
La règle : Le plus bruyant devant vendre davantage, je suppose au vu du capharnaüm qui monte crescendo, à demi couvert par les bruits des moteurs et des klaxons.
Ça grouille, il fait très chaud, on se bouscule, on se serre, on se frôle, peu de temps pour croiser un regard.
Des chaussures et des sacs "Vuitons" côtoient des mangues et des poissons, frais (ou fris), les mamans (terme désignant une dame plus qu'en age d'en être une) s'engueulent allègrement pour quelques centimètres de devanture qui empiète sur sa voisine.
Certains s'autorisent à héler le "white", forcément provoquant et pas toujours raciste, juste surpris d'en voir un sorti de son ghetto. C'est pas vraiment agréable quand même d'en être réduit à une histoire de pigmentation dont je n'en suis en rien responsable.

La nuit dans les quartiers populaires, une autre ville, une autre vie, un autre monde apparait. 

Tout est sûrement beaucoup plus calme dans les quartiers des grands hommes.
La ville à plusieurs facettes, les quartiers qui ne dorment jamais. 


Marché de nuit dans un quartier populaire.

Terrasse sur l'estuaire dans un quartier des grands hommes.





samedi 8 décembre 2012

Noël sur l'équateur

La température grimpe encore, les pluies se sont calmées, on entame gentiment la petite saison sèche.
Les ordures s'entassent toujours dans et hors les containers, le centre ville bénéficie encore, aux heures de pointes, mais pas que, de majestueux bouchons, on pourrait même évoquer l'occlusion automobile.
L'estuaire brasse autant de bouteilles vides, de sacs en plastiques, pneus en tous genres et autres décorations de plage citadine du genre congélateur !
Aucun signe apparent de changement notoire..... Et pourtant, derrière cette paisible façade de capitale Africaine fonctionnant à l'occidentale, se trame une énorme affaire de santé publique. La ville est envahie d'une espèce végétale exotique, partout, à chaque coin de rue, chaque boutique...Nous avons cru un instant la flore locale menacée, les espèces endémiques en danger.
Heureusement il n'en est rien, les services vétérinaires veillent et ont tout prévu, l'espèce invasive n'est qu'une imitation, une pâle copie en pétrole, plastique de l'originale.
Le sapin de noël est arrivé, parfois recouvert de neige, toujours arrivant de Chine.
Nous avons eu très peur d'en manquer, les enfants réclamaient, en larmes, nous avions même envisagé aller le chercher nous même, trouver une solution d'urgence, organiser un sitting, un coup d'état ..... 
La panique l'a presque emporté un instant.

Mais tout va bien, tout a été prévu, anticipé, organisé, planifié, nos proches peuvent être rassurés et dormir tranquille.

Libreville, Gabon, Chronique sous l'équateur, ou presque.


Décorations de noël.

Espèce saisonnière, spécial fêtes.




mercredi 28 novembre 2012

Tranche de vie

Terrasse du Machinmachin , un hôtel, bar, restaurant sur plage. 
Les enfants se baignent, je jette un œil inquiet de temps à autre absorbé que je suis par ma lecture et la douce mélodie, une fois n'est pas coutume, que distille les hauts parleurs derrière moi.
Quelque clients, blancs pour la plupart, rentrent de promenade avec à leur bras de jeunes beautés noires, qui, évitant de croiser les regards, rejoignent leur chambre, surement tombés sous le charme de leur calvitie-bedonisante naissante, épidémie affectant un grand nombre de bipèdes autour de quarantaine.
La touche glauque de la carte postale.
Quelque chiens, peu belliqueux, la peau sur les os et bien velus (eux), se prélassent à l'ombre des cocotiers et s'intègrent parfaitement au décors plutôt paisible.
La touche nonchalante du tableau.
11h00, la chaleur commence à imposer son couvercle et les places à l'ombre n'en sont que plus prisés, les chiens ne ce sont pas trompés.
Survient alors un jeune couple affublé d'un nouveau né, l'air marin n'est alors plus suffisant pour rafraichir les places au soleil, et le couple, en toute logique, se déplace pour profiter de l'ombre offerte par les seuls arbres du site.
Le patron du lieu, voulant sans doute préserver la tranquillité de ses clients, pas les velus, les autres, les prie alors gentiment de déguerpir sous l’œil pacifique des chiens incrédules et peu habitués à ce genre de traitements.

Je n'irais plus jamais au Machinmachin.
(sauf si je me lève chien).


mercredi 14 novembre 2012

Art urbain

Chaque jour, la voie rapide, une espèce de rocade locale, se pâme d'une décoration d'un genre particulier, une nouvelle épave automobile.
Arrivée sur place par ses propres moyens, elle reste ensuite, due à la vitesse excessive, à son état de délabrement avancé ou au manque d'expérience de son chauffeur, là sur le toit, là dans un pylône ou encore encastrée dans le terre plein central.

L'esthétique de la chose étant discutable, le flot reste insensible à cette forme d'art primitif et spontané. Dans cette ville, ou comme en Amérique du nord, la voiture est reine, au détail près qu'ici rien n'est vraiment conçu en ce sens. Et les pilotes, plus puissants que de vulgaires bipèdes, de se sentir des biceps et des mollets inversement proportionnels à leurs connexions neuronales et à la taille de leur 4x4 (je ne ferais pas ici de psychanalyse à 2 francs, même CFA, en sous entendant un quelconque lien avec une virilité sexuelle, d'autant que des spécialistes peuvent me lire), investissent les voies, en double, triple et quadruple file, les trottoirs, bas cotés et contre sens jusqu'à que le tout soit complètement figé.
 Alors, pour mettre à la scène le bouquet final qu'elle mérite, s'organise un délicieux concerto en klaxon majeur parachevant ainsi le romantique tableau pré-post-pétrolier. Chacun espérant, surement, en agissant de la sorte que, tel Moïse, le flot de véhicule s’ouvrira, pour laisser libre cours à l'expression de leur puissance mécanique.
Dans un pays ou le terme "mon frère" se place facilement dans une discussion, l'esprit de famille tombe en déliquescence une fois assis derrière le volant.

La civilisation à trouvé sa limite.

Grumes au Cap Estérias, Gabon

La forêt et la mer

Habitation en "planches" traditionnelle.



dimanche 4 novembre 2012

Libreville et banlieue

 
L'exploration continue, tous les jours de nouveaux codes, lieux, visages et atmosphères, plus mes carnets, jamais arrivé, le truc qui, le truc moins, ça ne s'arrête pas !
La vie quoi, mais en vitesse plus, avec peu de répits.
Le temps en accéléré, comme un bon film qui passe (forcément trop) vite, du mal à quitter son confortable fauteuil, puis à la fin du générique on sort de la salle obscure un peu mélancolique, la tête pleine d'images et de dialogues, se remémorant des passages, on aurait aimé que l'heure et demi dure plus longtemps. Pas envie de parler, rester là, digérer, et la vie nous rattrape, reprendre sa voiture, payer le parking, rentrer à l'appartement, chercher les clés ….que des choses futiles et inutiles.
La vie quoi, mais en vitesse normale, l'autre facette, tout dans le terrien, le cartésien !
Je déteste le quotidien !


Pirogue au repos, à l'ombre des Badamiers, quartier de la Sablière, Lbv, Gabon.



Rond point de la Démocratie, Lbv, Gabon.