Tous les dessins, croquis et aquarelles figurant dans ces pages, sauf mention contraire, sont réalisés exclusivement sur le motif avec parfois, pour des raisons climatiques ou temporelles, des finitions en atelier.
La plupart sont sur carnet, quelques uns sur papier libre et dans les deux cas ils ne sont pas libres de droit, merci de me demander l'autorisation de reproduction.

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lundi 21 avril 2014

Les dimanches à la con

....Je suis né en 1968, un autre siècle, d'une ancienne citée minière et sidérurgique fondée par un Duc qui n'a même jamais daigné venir y salir ses précieux souliers. Essentiellement peuplé d'ouvriers et d'immigrés, en voila encore une idée qu'elle est drôle, elle n'a d’ailleurs pas su résister et essaye maintenant difficilement de survivre.

J'aime les voyages depuis toujours, peut être en rapport avec la sus cité citée, mais c'est surtout la seule chose qui me remplisse vraiment, durablement. De l'idée même au retour, d'un de trois jours au bon gros trip de plusieurs mois, une dose d'adrénaline diffuse lentement, subtilement, en moi et euphorise mes neurones habituellement sclérosée par d'urticantes quotidiennetés. 

Le temps s'accélère, la vie s'accélère, les paysages, les rencontres, les cultures, la découverte.

Une drogue dure !

Dépendant aux voyages !

Pas facile à accorder avec les modèles de vie à l'occidentale, à la recherche d'un nomadisme à peu près compatible avec le XXI° siècle plutôt que du classique et formateur "crédit-boulot-maison-marmots-bagnole".
Le soucis est dans l'incapacité chronique à s'adapter au siècle.....ou le siècle à moi.....soyons réalistes (demandons l'impossible) !

Curieusement, ici comme ailleurs, les mêmes dimanches merdiques, à cheval entre la semaine ou il est de bon ton de participer à l'alimentation de la chaudière et un week-end, ersatz de vacances, trop court pour envisager un échappatoire, à peine le temps d'un bol d'oxygène. 
Oxygène qui selon ses pratiques trouve sa source dans une église (temple, mosquée....) dans un repas de famille, en discothèque, un terrain de sport, une boite à partouze, un musée ou une exposition selon l'étage à laquelle est situé sa sensibilité.

Marqué par plus de quatre décennies à subir ces dits dimanches, que même en vayanges...

[vayange : nm. contraction, assez pratique, il faut le signaler, de voyage et vacance. S'emploie uniquement lorsque l'on veut désigner les deux et qu'un gros coup de flemme, ou un bon fourchage de langue, nous décourage de les citer.
exple : Nicolas ? Crois-tu que Vincent nous prêtera son yacht pour notre prochain vayange ? ]

...lorsque malencontreusement, un malheureux quidam prononce ou même évoque ce jour maudit et nous voila envahis , submergé, tsunamisé d'une acre mélodie :

"As tu terminé tes devoirs ?"

"Allez, au lit, demain il y a école !"

"As tu rangé ta chambre ?"

Et ici aussi, cerise sur le gâteau, bleuet sur pancake ou ananas sur flan à la mangue, comme dans beaucoup d'ailleurs, il pleut le dimanche !

Merde !




Séance images lors des répétitions de l'atelier du danseur chorégraphe Seydou Boro à l'institut français, passionnant !
Les stagiaires observent


l'oeil de Seydou Boro






















samedi 12 avril 2014

Chronique saisonnière

Avril 2014, 

La saison des pluies arrive ici à son terme entrainant avec elle la baisse sensible des températures, mais malheureusement elle n'influe en rien sur les perpétuelles coupures d'eau et d'électricité.....

Fatalité africaine ? 

Les pluies surement !

Pour le reste cela ce situe plutôt au niveau de l’incompétence !

De violents orages ponctuent encore hebdomadairement le quotidien, lessivant, déplaçant par torrents les amas de détritus et font passer la périllosité automobile un cran au dessus.

Quartier Glass
Quelques compressions sur la voie rapide, d'une surprenante violence et étonnamment assez peu dissuasives au vu de l’excessive vitesse à laquelle lancent leur bolides les Starsky locaux, décorent les lampadaires, les talus, terre pleins, bas cotés et inversement !

D'ici quelques semaines le plafond va se grisailler, progressivement, diffusant plus opaquement la lumière céleste, uniformisant par la même occasion les valeurs et le relief, sale temps pour les photographes. 

La peinture par contre, à condition de s'accorder quelques latitudes avec le motif, mais il n'existe aucune raison valables qui pourrait occasionner une telle privation de liberté, est lumineusement parlant autonome et permet d'obtenir des images identiques d'une saison à l'autre  et vice et versa !

Cap Estérias

 Fin de ma première expo à Libreville, aujourd'hui, le 12 avril, dévernissage. 

Merci aux personnes qui sont venus, merci aux commerces de m'avoir accueillis, merci à tous vos encourageants commentaires et aux articles divers et variés en particulier ceux de Georges Bonnard que l'on trouve ici et celui de Joël Born que l'on trouvera dans le journal Centre Presse du 13 mars....pas facile à dénicher....mais l'on a que ce qu'on mérite !

....A moins que ce ne soit le contraire.....



Séance portrait à Kamba & Picasso



jeudi 27 mars 2014

Portrait d'expatrié

Loin de moi l'amorce de l'idée de généraliser sur une caste, ou de vouloir suggérer des boites dans lesquelles y positionner les dites castes !

Malgré toute la bonne volonté et toute l'objectivité dont peut faire preuve un simple et honnête citoyen (je parle de moi là !), certains profils se détachent et s'insèrent en des cases que l'on croirait faites sur mesure, une combinaison en latex, presque une caricature.
Plage vers le sunset beach
Il faut aussi préciser, pour être parfaitement honnête, puisque j'ai moi (je, myself) même suggéré l’honnêteté, que, mais vous l'auriez quoiqu'il en soit compris par la suite, je ne porte pas en très haute estime tout ce qui touche à la réussite sociale, de près où de loin, à partir du moment où cela devient l'objectif principal, la raison d'être. Pas davantage que je n'apprécie le moindre compromis en ce sens, allez hop on met au placard une belle conception humaniste, juste le temps de signer un document, de s'installer sur un statut et ensuite on re-milite histoire de se donner bonne conscience, de faire croire aux autres.... Ben oui, chez ces gens là, les autres c'est important. 
Encore une histoire de contraste, de relativité, d'ombre et de lumière !



Le premier de la grande famille des expatriés, c'est le carriériste, qui est ici pour collectionner les lignes de CV, il use et abuse de diplomatie et de compromis pour accéder à ses fins. Ce n'est pas le plus discret de la troupe, ni le plus méchant, juste un peu mal dégrossi et sans trop de scrupules, souvent proche des partis politiques (où des syndicats) il rêve en secret de basculer homme d'état, et ça, pour lui, c'est pas l'atelier macramé de Saint Julien de Piganiol !

L'expatrié économique, lui se fiche pas mal du pays dans lequel il se trouve, il fait son job, froidement !
Il ne voyage pas mais rembourse ses échéances à la caisse d'épargne pour son (ses ?) crédit immobilier sur sa (ses) résidence secondaire en France, qu'il espère voir principale (les indigènes, ça va un moment !) mais surtout sous les mêmes conditions financières...... alors, en attendant il rêve de pouvoir y finir ses jours, et ça, c'est plus palpitant que la roulette du casino de Chaudes Aigues un soir de novembre.

L'expatrié aventurier (géographique, culturel ou sexuel), peut être le moins tordu de tous, ouvert et cultivé, il agit tout de même avec une certaine distance, conscient de gagner 10 fois le salaire d'un local, pour le même job, il faut mettre certains principes de côté, "mais l’essentiel est que je prospère" ! "Du moment que je peux voyager, voir du pays...je vais quand même pas partager, c'est quoi ces idées de bolchevique ?"
 Quartier Glass, vers Michèle marine

L'expatrié colonialiste, qui se "croive" encore en 1950 et distribue la sainte parole auprès de peuplades autochtones largement sous civilisés. Une espèce heureusement en voie d'extinction mais si redoutablement exécrables et suffisants qu'on les pense numériquement sur-représentés. Et ça, c'est pas de la flatulence de maréchal !


Globalement cultivés, ils ont, pour la plupart, des convictions politiques, parfois même se pensent de gôche (celle des socialistes, fô pas pousser mémé dans les orties !), mais ils ne voudraient pas voir les choses trop vite changer (c'est sur qu'en votant, de ce point de vue, ils sont tranquilles !) l'égalité, ça reste un concept, une utopie à laquelle il est de bon ton d'adhérer en public, il ne faudrait pas que leur image de dévouement pour [la France, la carrière, l'aventure ....] devienne celle d'un exploiteur largement, grassement, scandaleusement surpayé !

Et puis il y la ou le compagnon de l'expatrié, souvent LA, sans misogynie, je vais donc utiliser le féminin, si je me le permet, bon ok !
C'est la cerise (tiens ? cerise est féminin !) sur le gâteau, le sourire de LA crémière, LA papaye sur le manioc !.....

Elle tente, le plus souvent, de redorer le blason, si tant est que leur niveau de conscience admette un blason un tant soit peu terni, en s'investissant dans des œuvres sociales, humanitaires ou autres. 
Elle passe, aussi,  beaucoup de temps dans des salles de remise en forme, spa, massages et séances d'UV , il ne faudrait pas que la source, le mari craque pour une jeune beauté noire amatrice de white au bon gros portefeuille.
Alors on bosse et on transpire, fessiers, abdos, rien n'est laissé au hasard et quand le temps et la pesanteur n'ont que trop marqués leur passage, hop, un petit coup de bistouri et voila t'il pas qu'elles se retrouvent toutes avec la même inexpression dans les yeux, la même bouche en bec de canard, la même poitrine ferme et arrogante de jeune pubère dans un concert de Justin Bieber !

Parfois, bon ok, souvent, cultivés, il faut dire qu'elles n'ont rien d'autre à branl.. pas beaucoup d'autre chose à faire, elles ne se mélangent quand même pas trop aux basiques et locales peuplades, présentes en grand nombre il est vrai (ils exagèrent eux aussi !), hormis lors de séances humanitaires ou sociales. Alors, elles se fréquentent beaucoup entre elles, dans des clubs de loisirs, des cercles fermés, des villages vacances. 
Un trait et tout change
Et vas y que je te refais le monde, que j'analyse l'ensemble de l’œuvre de Bakounine, que j'écris un essai sur l'autogestion exportable en milieu tropical.... 

Mouarf, mouarf, mouarf......

Faut que ça brille, que ça bling-blingue, pourvu que le pays reste stable, au moins le temps du contrat, qu'on finisse de roder le dernier Hummer...
Alors le dimanche on va prier, ce serait dommage que tout s'arrête, que l'on soit contraint de quitter cette prison doré, surtout pour des sauvages.....

Et puis les gosses devraient changer d'école, et moi de garde robe .....





vendredi 21 mars 2014

Chroniques de l'ordinaire

Comme chaque mercredi, je m'en vais, sous une chaleur accablante et néanmoins équatoriale du début d'après midi, quérir un taxi pour me conduire au siège de l'association Kamba & Picasso où je tente de dispenser quelques bénéfiques conseils plus ou moins éclairés à quelques amateurs, eux aussi plus ou moins éclairés. Ces séances se transformant fréquemment en atelier de dessin où les enfants de l'association posent régulièrement, pour nous et pour la beauté de l'art.


Je dois donc traverser la ville en compagnie d'un chauffeur, à l'éclairage aléatoire, lui aussi, et de quelques clients, aussi divers que variés selon le trajet emprunté et les quartiers parcourus.

A chaque fois une nouvelle aventure, l'objet d'un article proche de la science fiction et dans tous les cas riche d'enseignement sur les comportements en société pour un petit blanc perdu sous le soleil d'Afrique centrale, où la grande majorité des chauffeurs sont OuestAf.

La quatre voies longeant le bord de mer étant perpétuellement frappé d'occlusion automobile chronique, de même que certains axes stratégiques, les taxis globalement bien plus malins que le basique bipède posé derrière son volant, se déplacent donc sur des voies annexes, secondaires, tertiaires ....primitives ! Que même pas tu pourrais croire qu'un engin motorisé aurait un jour le loisir de s'y mouvoir.
Me voila donc embarqué pour ma séance de découverte du monde contemporain, où les relations humaines prennent ici une autre dimension. 
Le trajet durant entre vingt et quarante cinq minutes selon le degré d'éclairage du pilote et celui de l'occlusion de la capitale. Je mise assez gros (parce qu'ici, on mise le taxi en annonçant un lieu et une somme) pour ne pas avoir à subir d'agression solaire en bord de route dans l'attente d'un carrosse moins gourmand en CFA !
Le bâtiment Total (pétrole) Libreville, centre ville
Confortablement installé, du moins au mieux que l'on puisse l'être dans ce que l'on nomme un peu facilement ici un véhicule automobile !

La route qui défile entre nos pieds.....
Des vis, ficelles et fer à béton pour faire office de poignée....
Les roues voilées qui font un déplacement chaloupée ......
Des vitres en ruban adhésif.....
Un déplacement "en crabe" suite à un accident rapidement réparé ....
 
Le genre d'objet qui serait réformé dès la première ligne du compte rendu du contrôle technique ...... dans un autre monde.
Bref, me voila donc installé, tous mes sens aux aguets !
Freinant de temps en temps à la place du chauffeur ma main droite incrustant ses empreintes dans la poignée de maintien ou du moins dans l'objet faisant office de !

Rapidement les premiers clients et peu de temps après les premiers conseils de conduite ...... haï !

 "...mais tu vas pas les laisser tous passer , oh ..."


"....mais serre donc ... oh ! .... tu es un vrai taskiman ? (véridique !) ..."

Je me dit alors que le trajet risque d'être long.... d'autant plus que chaque rue qu'il emprunte pour couper s'avère en travaux ou fermé !

"..... tu es pas un taskiman !..... moi je les connais tous ....."

Et que je prends les clients à témoin, et que le ton monte en même temps que le pilotage devient nerveux, haï !
  "......tu vas me taper ? ......"

Non, non, non ! 
Personne ne va taper personne .....
Je jette discrètement un oeil cherchant une camera caché,  je ne m'y ferrais jamais !
Conférence sur le refus de guerre à L'institut Français

Les quarante minutes suivantes se sont déroulées au travers d'une chaleur étouffante,  dans un taski non climatisé,  à basse vitesse grâce aux choix d'itinéraire peu judicieux de notre pilote visiblement resté dans l'obscurité,  et nous n'avons pas écouté la radio !









jeudi 6 mars 2014

RIP (Rebondir In Paris)


Martine n'est plus, cet obscur pays de forêt a laissé filer notre Martine.

Quoi ?
Vous n'êtes pas un folower ? Un likeur ? Un accro de ses posts acérés et affutés comme un laguiole le jour du cochon ?
Non ?
Vous ignoriez même jusqu'à l’existence de son blog ?
Mécréants que vous êtes, incultes, analphabètes, moins que rientistes !

A peine méritez vous que je vous en dise davantage ! Mais si vous êtes ici c'est que tout n'est pas (encore) moisi chez vous !
Allons bon !

Notre Martine s'en est allé …....du Gabon.

Il est maintenant, révolu le temps ou nous pouvions gaiement plonger dans un post aval, et pourtant toujours d'actualité, après s'être délecté de la nouvelle publication fraîche du matin qui nous enchantait les papilles et excitait nos zygomatiques.

Avec la décontraction et l'aisance qui caractérise le geek à la dizaine de pages ouvertes simultanément dans la fenêtre de son navigateur, allant de la dernière astuce pour passer un tableau sur le dernier Zelda wii u, à la une du monde, en passant par ses 7 boites mails, un site de réservation en ligne pour les prochaines vacances, une plate-forme de téléchargement, ses trois profils facebook et un forum de rencontre coquines, Martine déroulait son scénario pour nous emmener dans ses rocambolesques aventures ou nous y plongions toujours avec plaisir et gourmandise.

Mais ...... me direz vous !
A juste titre ! 
Le geek n'a pas 10 mais 17 pages ouvertes comme vous me le faites si bien (et si spontanément) remarquer !
Soit, mais était il bien nécessaire de couper le fil de la narration ?

Mais …..
Zorooooooo é tarivé é é........
Meuh non, enfin peut être est il arrivé quelque part, mais point de loup noir sur œil de biche aux fines bacchantes toutes hispanophile dans notre horizon ce soir (oui, parce que j'écris rarement le soir, mais là, c'est le soir).

Mais …. Disais-je, tout n'est pas perdu !
[Ahhhhhhhhh !]

Et non, tout n'est pas perdu !
[Ohhhhhhhhh !]

Martine va être édité !
[Ehhhhhhhhh !]

Oui bon ! Ça va, les onomatopées !
[-!]
Édité donc, c'est pas beau ça ? elle est pas jolie la vie ?
En prime votre serviteur illustre magnifiquement le futur nobel de litérature, avec de l'eau et quelques godets d'aquarelles, qui, à l'aide d'un petit gris, essentiellement, vont laisser sur le papier quelques traces colorés.

Il va quand même falloir patienter quelque peu, sortie programmé pour l'été.
La promotion (France culture, la grande librairie.....) pour la rentrée littéraire

Notez le dans vos agendas,
Faites tourner, et qu'on se le dise !

En attendant, pour patienter :




vendredi 28 février 2014

Connerie primitive

15h30 Institut Français du Gabon, Libreville, Capitale.

Rendez-vous professionnel avec un jeune artiste autochtone extrêmement talentueux et à l'avenir assurément prometteur, afin d'envisager le projet d'un éventuel accrochage commun d'ici peu, ......, mais ce n'est pas l'objet de ce post, juste le préambule, histoire de la situer.......
.....l'histoire !
Terrasse sur l'estuaire, Libreville

16h00 L'IFG (Institut Français du Gabon, ça y est ! Vous percutez !) propose une présentation d'une BD sur le Mvet, une première gabonaise mais aussi dans toute la sous région.

[Le Mvet est né pendant l'exode des FANGS depuis l'ancienne Egypte. Ce peuple est aujourd'hui éparpillé entre le Gabon, le Cameroun, le Congo-Brazzaville, la Guinée équatoriale et l'île de São Tomé. Les chants du mvet étaient déclamés aux combattants pour revitaliser le physique et le mental avant les batailles. Au-delà de cet usage, l'art du mvet englobe tous les aspects de la culture Fang :
la poésie, la philosophie et les connaissances scientifiques du monde, ce qui fait dire aux Fangs que le mvet est un art total.]
[source : http://www.mvetart.org/#!__mvet]

Présence de l'éditeur, de l'illustrateur et d'un conteur (mvet) contemporain.
Joli programme, je soumet l'idée à ma tribu (essentiellement composé de mes garçons et de himself), adopté à l’unanimité.

16h30 Nous nous installons, avec mes deux gars et la présentation débute avec une performance du conteur (Chef Ela ?), remarquable.
L'éditeur prend ensuite le relais pour ne quasiment plus le lâcher, le relais, pas le conteur !
Allons y !
L'exposé est rapidement très, trop, académique, sommaire, introduction, grand un, petit a.....Avec un discours par moments bien décalés du fond annoncé de la bande dessinée et du Mvet.
La forme est assez pénible, heureusement, le personnage, beau parleur (il bricole par ailleurs dans la politique....tiens donc !) arrive, péniblement, à maintenir nos mirettes et esgourdes en état receptif.
Lorsque dans sa présentation il inclut un chapitre sur "le complexe d'infériorité du peuple noir" s'épandant au passage amplement sur la présence dans la salle de trois occidentaux !
-" ....Et pourquoi, mesdames, vous faites vous lisser vos cheveux ?"
(.....)
"....vous ne ressemblerez de toute façons jamais aux blancs...."

[ l'argument qui défrise ]
Donguila, en remontant l'estuaire sur le Komo

S'ensuit alors une série sur la comparaison des valeurs entre civilisations....

[ je me dit alors que la journée va être longue.... ]

Une théorie, comme quoi, nous aurions tous les mêmes valeurs mais différemment hiérarchisés.

"Chez les asiatiques, c'est l'honneur qui arrive en premier (....) c'est pour cela que les japonais se font harakiri ...."

[ C'est une blague ? ou est la caméra ? ]

Le professeur Choron et Cavanna doivent se tordre de rire du fond de leur trou !

" Les occidentaux, eux, c'est la liberté, monsieur, donc moi même, pourra en témoigner....."
".....mais cela ne les empêche pas d'enfermer des femmes derrière des vitrines pour que les hommes puissent choisir ...."
"....Monsieur pourra confirmer..."

[  Ce doit être un surréaliste ! ]

Me voila donc ambassadeur de tout l'occident, du Cow boy Texan au pécheur de la Baltique en passant par l'éleveur du Larzac et l'eurodéputé Grec.
Allez Hop ! même case tout ça !
L'Ôccident...même valeur !

Ma nature soupe au lait commence à frémir, quand il enchaine, enfin, sur les valeurs de l'Afrique. 
Ah bon ? Il y a donc UNE Afrique ?
Du berger berbère  au fermier Afrikaner en passant par les caravaniers du Sahara et les chasseurs de la forêt tropicale, UNE valeur commune ?

[ Ben oui, comme l'occident, suis je donc bête !]

Tiens donc ? Et laquelle je vous prie ?

"....La solidarité ! Nous c'est la solidarité, bien sur nous avons aussi l'honneur et la liberté, mais ici, en premier, c'est la solidarité...."

ces paroles, instantanément, font retomber le lait et calme mes ardeurs belliqueuses. je dois, ce coup ci, contenir mon envie de rire ...... ce doit être nerveux.
La solidarité ?
Bien sur, maintenant qu'il le dit, cela saute aux yeux.

Tous ces gros 4x4 de marques prestigieuses, au prix avoisinant plusieurs fois mon salaire annuel, pavanant dans les matitis (bidonvilles) c'est surement pour équilibrer, par solidarité,  l'esthétique douteuse du bas peuple y résidant !

Les quartiers ou les poubelles sont ramassés, des éclairages tous les 20 mètres, des trottoirs américains et des fleurs de concours surgissant faussement négligeament de haies et autres ornements, la aussi, solidarité ! Pour que les suscités pôvres gens puissent aussi profiter des infrastructures dont sont capables de décider les politiques, surtout lorsque s'y trouve leur modeste demeure.

Les routes, ou ce qui est censé en être, aux nids de poules, que t'as même jamais vu des poules de 700 kg, et plaques bitumés recouvrant péniblement le mauvais chemin de chèvre situé en dessous, solidarité ! Envers les concessionnaires et autres revendeurs de 4x4. Sans quoi, tous roulerions en twingos, quel mauvais genre !

Les coupures hebdomadaires (quotidiennes en ce moment) d'eau et d'électricité, solidarité ! Envers les peuples du sahel, d’Afghanistan ou d'ailleurs.

....

Je passe sur la fierté que tout un chacun se doit d'avoir devant la grandeur des valeurs de son peuple, Sieg Heil ! ...
....Et autres conneries de bas étage de la même veine.

[Il va finir par trouver du charbon ou de l'uranium s'il continue à descendre ainsi !]

Terrasse sur l'estuaire 2 (le Tropicana)



 Bref, tout ça pour tenter de justifier l'idée de vouloir préserver la tradition du conte africain oral, propre à ce coin du monde, en la passant à l'écrit, ce qui est plutôt propre à ...ailleurs !
Du coup je ne suis plus sur de la finalité du truc !



Je n'ai pas acheté sa BD !









jeudi 20 février 2014

Routine balnéaire

18/02/2014

   11h30

Quelque part entre les caps de Santa Clara et d'Estérias à quelques quinze kilomètres de Libreville, nous sommes les seuls touristes à des kilomètres, aucun visage pale à l'horizon.
La forêt, la mer, le vent dans les feuilles, le ressac lancinant, la nature proche de l'état biblique.
C'est pas pire, la nature ! Pas l'état biblique !

   11h34

Deux véhicules débarquent, de rutilants 4x4 aux plaques rouges d'ou s'extirpent quelques familles de militaires avec une flopée de marmaille bruyante !
Des FFG (Force Française au Gabon) !

Nous sommes sauvés ! Quoique pas vraiment en danger non plus...jusque là !

...physiquement j'entends  !
Une des célèbres terrasses de LBV

Glacières, barbecue, packs de bières, saucisses à griller en barquette de polystyrène recouverte du film plastique étirable (que tu fais chier à déchirer parce que, justement, étirable), et poste radio diffusant une espèce  de soupe électronique emplie de boumboum à l'harmonie largement discutable.....
.... mais pas discuté ! Fô pas déconner je suis quand même seul face à l'armée française....

Pas que con !
Non plus !

Surement vont ils rester ici plusieurs semaines au vues de l'installation cathédralesque qu'ils entreprennent.
Fauteuils et tables escamotables, parasols, crème solaire et hurlements sur gamins inclus, l’essentiel des accessoires de survie en milieu plus proche des stations balnéaires méditerranéennes que de la forêt tropicale !


L'élégance à la française ! 


Le charme est rompu !


   12h12 

Nous voila maintenant rejoint par quatre autres véhicules, plus modestes, habités, ceux là, par une horde de turcs (leurs véhicules étant aux couleurs de l'école turco-gabonaise, mon esprit, fin et raffiné, n'a pas eut à chercher bien loin).
...Horde de Turcs, donc, presqu'aussi discrets que leurs prédécesseurs mais bien mieux organisés :

Les hommes ont, à l'unanimité optés pour un pelage noir ébène luisant, accompagnés d'une splendide moustache assortie, du plus bel effet. A peine extirpés de leur carrosses, les voila qu'ils s'affairent gaiement et sur une chorégraphie maintes fois répétée autour de ce qui devrait devenir, sous peu, quelques braises ardentes. 
Du bois, du charbon, du pétrole, une allumette, à chacun son rôle, c'est imparable !
Pendant la phase de transformation de l'état flamme à l'état braises, on déroule les tapis, petite discussion pour situer l'Est et....petite prière, ça mange pas de pain !


Durant leur communication avec le divin, car visiblement la communication est passé, le réseau est plutôt bon par ici, les femmes, elles, vêtus de la tête aux pieds (voile ET chaussettes, mais aussi dans l'intervalle, vous l'aurez compris) malgré la chaleur.....équatoriale elle aussi, s'occupent à la fois de nettoyer un petit coin pour le repas et à gérer la luxuriante marmaille.

  Un bel héritage de nos néolithiques ancêtres, où quelques millénaires d'évolution Darwiniène sont vraiment dérisoires.


 


Le grand soir n'est toujours pas pour demain matin !
Dormons tranquille !







dimanche 9 février 2014

Lomé, capitale des Togolais, postation n°2

Mardi 04 février 07h00
Composition : "power lines"

Même impression matinale que la veille, peut être le signal que ce n'est plus une impression ?
Petit déjeuner en solitaire, au calme dans la cour intérieure ombragée de l’hôtel.
Il existe pire situation, encore une fois !

20h00, la journée passe, impasse ? J'erre dans les rues grouillantes, m'imprégnant des odeurs et des couleurs aux intonations joliment délabrés, me sature d'interpellation diverses et variés.
Un bain dans le monde, le vrai monde ?
Surement plus concret que celui que l'on nous à proposé au quotidien où un émissaire nous porte la sainte parole de l'amère nourricière.
C'est la formule qui doit figurer sur son ordre de mission, et sur un ordre on obéit, en bon petit soldat, la parole est donc restitué.

Le public, aguerri à ce genre d'exercice, civilisé et néanmoins issue de la francophonie (!) reçoit et distille l'information assez facilement. Certains y mettant tout leur cœur, peut être pour vivre plus intensément l'instant (^^) ?
A moins que des scénettes pour égayer l'affaire n'aient étés répétés auparavant ?

Ou bien, trop formatés par leur noble mission, ils ne peuvent avoir le moindre recul sur l'évènement ce qui est assurément plus confortable et plus rassurant.
Surement ont ils raisons.

j'ai toujours eu du mal avec les premiers de la classe, pas systématiquement, heureusement ! 
Mais ceux qui demandent confirmation en répétant la question chaque fois qu'ils pensent avoir compris une bribe, même enfantine.....

Ceux qui pensent à voix haute, tellement persuadés d'être dans le vrai de par leur statut de détenteur (exclusif ?) du savoir, ne se rendant plus compte du discours émanant de leur orifice buccal, parfois inquiétant, souvent affligeant.

Rien de bien grave au demeurant.

La soupe n'était pas très assaisonné, mais il y avait de la soupe et je ne crache pas dedans.....(Je l'ai assez fait :-) !)

Quelques jolis rencontres, 
avec une culture, 
une ville, 
une histoire 
et quelques humanoïdes pas trop prisonniers de leur case. 






 
Mercredi 05 février,  

Bis répétita jusqu'au soir, ou nous nous retrouvons, l'armée des mangeurs de soupe, accompagnés de notre officier cuisinier pour un diner hors du quartier des hôtels et des ambassades.
Histoire de marquer symboliquement la fin de la dite soupe !

Place de l'indépendance
On apprend à se connaitre, il n'est pas trop tard, tu viens d'où ? 
tu fais quoi ?
Rarement dans l'autre sens, tu vas où ?
Tu as envie de faire quoi ?
Surement significatif d'une époque ou le temps passé à envisager le futur est directement proportionnel à la facilité de compréhension du mode d'élaboration du document permettant le calcul des impôts sur le revenu....C'est dire !

Un truc de malsain !


Échange de mails, d'adresses de blogs, d'expériences diverses, avec autant de quotidiens différents, il faut dire que pas moins de 9 pays de la zone sont représentés à la table.
Du Gabon au Ghana en passant par la Guinée équato., le Nigeria, le Bénin, le Togo et un petit détour par le Cameroun, le Tchad et le Niger.

Quelques bières, un beau voyage.


Jeudi  06 février, 16h00

Vol Asky n° KP 036, quelque part entre Lagos et Libreville.


Matinée libre, quelques derniers croquis, quelques derniers achats, quelques derniers échanges.

Back at home !




vendredi 7 février 2014

Lomé, capitale du Togo postage n°1

Dimanche 2 février 2014 8h00

Aéroport international Léon MBa de Libreville (encore !), du nom du premier président de la République gabonaise qui date de 1960, année de l'indépendance vis à vis du colon hexagonal.
Le général (...), ceuuuului qui nous aaaaa compriiiiis ! Chef de l'état du dit colon,  ne souhaitant pas d'un énième département français,  qui plus est en Afrique,  bien empêtrée qu'il était déjà avec les cousins algériens qui vont lui poser quelques problèmes peu de temps après.
La requête de Léon MBa a donc évolué,  sans porter de jugement s'agissant ou non d'une évolution au sens commun du terme, d'une départementalisation en indépendance.
De quoi faire baver les quelques irréductibles Corses, Basques, Bretons, Catalans ou Occitans,  Picard,  Normands,  Savoyards et autres braves peuplades de France et de Navarre.
Sûrement motivés,  eux aussi, par l'hypothétique appartenance au cercle très fermé des micros nations,  au sort ô combien enviable,  St Marin,  Andorre,  Trinidad & Tobago, Le Vatican,  São Tomé & Principe, Monaco,  et je dois, à ma grande surprise tant leur sort est alléchant,  en oublier quelques uns.

Ça fait rêver,  Mouarf,  mouarf !

Ne vous méprenez tout de même pas, chers lecteurs, toujours plus nombreux et excités tel un moustique d'Afrique centrale devant un camion de don du sang, quand arrive une nouvelle publication. Ne vous méprenez pas disais je, quand à mon avis sur la question. Il vous suffira, je cause ici à la poignée d'avides nouveaux consommateurs de mon (moi, je, himself) blog de remonter à quelques précédents posts pour vous faire une opinion sur ma conception du concept même d'un état ou d'une nation.

Ceci étant clarifié,  revenons donc, s'il vous plait à l'aéroport de Libreville.
La vue de ma fenêtre
Encore disais je, car me voila embarqué pour Lomé,  la capitale Togolaise après une halte technique et commerciale à Lagos, LA mégalopole nigériane (plus de 15 millions d'âmes) que je ne regrette pas de ne pas connaître tant son aura de ville surpeuplé aux continuels embouteillages automobiles rayonne dans toute l'Afrique centrale et de l'ouest.

J'ai rempli mes godet d'aquarelle, affûté mes crayons et préparé quelques vierges feuilles d'un grammage proche des 300 et espère bien pouvoir saisir en 4 jours quelques millilitres de l'essence de l'âme de cette capitale .....



Lomé 03 février 06h30, Hôtel Jolivue.

Agréablement surpris par la douceur matinale, relative bien sûr,  et du faible taux d'humidité tout autant relatif d'ailleurs.

Kathedrale

La ville semble plutôt paisible, hormis la route du front de mer, où de jeunes écervelés, ce n'est pas toujours un pléonasme,  aux véhicules fraichement tunninguisés, profitent de cette aubaine au bitume récemment lissé.


[Tunninguiser : verbe du premier groupe, contraction de tunning et de déguisé, s’emploie lorsque l'intention est du premier et le résultat du second.
exple : "Bernard-Henry, cessez donc un peu de me tunninguiser en poupée barbie voulez vous...."]

 
Hormis , bien sur aussi, le marché,  véritable fourmilière coloré et plutôt sympathique.
Les rues sont larges, la grande majorité ensablé, sahelisé, bordés de grands badamiers qui déposent une ombre bienfaisante, l'architecture est un joli mescladis de colonialisme, d'une période art nouveau-art déco et de modernisme-bétonisme plutôt esthétique, beaucoup de charme. Il reste même de l'époque coloniale de l'empire allemand une cathédrale gothique remarquablement entretenue, très bien conservée et encore en activité.
Surprenante rencontre.



20h00 Restaurant le Galion.

Une première impression positive mais je ne suis  qu'encore dans le périmètre des hôtels et des affaires, pas vraiment les quartiers populaires.
Une saveur quand même bien plus épicé qu'à Libreville, un vrai gout d'Afrique tel que phantasmé, pas du canada dry !
Une douceur de vivre, un joli parfum d'exotisme et d'aventure presque palpable, l'ouverture sur l'océan du golfe de Guinée au sud, les frontières est et ouest (Bénin et Ghana) à porté de bicyclette n'y sont pas étrangères et permettent un brassage de la population et une (presque je suppose) libre circulation des marchandises.
La capitale gabonaise et sa quasi-insularité à bien des niveaux me semble bien fade tout à coup.

La rue de l’hôtel