Tous les dessins, croquis et aquarelles figurant dans ces pages, sauf mention contraire, sont réalisés exclusivement sur le motif avec parfois, pour des raisons climatiques ou temporelles, des finitions en atelier.
La plupart sont sur carnet, quelques uns sur papier libre et dans les deux cas ils ne sont pas libres de droit, merci de me demander l'autorisation de reproduction.

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mercredi 3 avril 2013

Errances

Jeudi matin, lors de ma demi journée hebdomadaire de liberté ou je n'ai que ma personne à gérer, ce qui est déjà assez compliqué mais avec laquelle j'arrive à m'accorder une bonne partie du temps éveillé, je me rends, avec mon véhicule, au centre ville, m’imprégner encore de la capitale et des gens qui l'habitent.

Après avoir déposé les troupes dans leurs établissements respectifs, je prends le chemin du bord de mer, ballade idyllique en apparence mais qui s'avère plus âpre et davantage rugueuse que la carte postale ne le laisserais supposer. Plus proche des Clash et des Ramones que de Didier Barbelivien, ce qui, a priori, n'est pas pour me déplaire.
Concentré sur la voie, tous les sens en éveils, prompt à éviter tous taxis, véhicules de police, 4x4 de luxes ou autre surgissant d'un stop, d'un feu rouge, d'un chemin, tantôt de la droite, de la gauche et même de par le haut s'ils le pouvaient !
Bien que toujours irrité et harassé par l'incivisme motorisé, je ne vais pas, ici, développer ce point déjà abordé dans un post précédent mais qui pourtant mériterait qu'un thésard y consacre son mémoire de fin d'études. 
J'arrive enfin à destination, sain et sauf, point de chute LA terrasse Librevilloise, l'incontournable, stratégiquement intéressante, surélevé, ombragé, venté, tout le confort nécessaire à l'inspiration, l'observation, la réflexion et même le dessin. 
Les hommes d'affaires y font des affaires, les politiques œuvrent au bien être de leurs concitoyens et le cireur, cire des pompes.....à moins que ce ne soit l'inverse !
Les choses ont l'air relativement simple, ici aussi chacun est a sa place (privilège francophile) l’ascenseur social, leurre cher à notre modèle d'école de la république, n'existe pas non plus sous l'équateur ou un système de castes verrouille bien la hiérarchie dirigeante.

Pendant ce temps l'Europe s'enfonce dans la crise, Chavez est enterré, les futurs cadres Gabonais préparent leur avenir et les marins pécheurs de l'estuaire s'essaient à l'art côtier.




Sinon, la terre tourne encore et c'est tant mieux !


jeudi 21 mars 2013

Art rural

J'ai omis (omis soit qui mal y pense) lors de mes précédents post des séjours à l'intérieur de l'en dedans de décrire un peu l'entre étapes, la route ou la piste, qui représente quand même une grande partie du temps de voyage.
Dès que l'on quitte l’agglomération (qui n'a rarement été aussi parlant au sens premier du terme) capitale, à une bonne dizaine de kilomètres du centre ville si l'on peut considérer un centre ville, on laisse en même temps un ersatz de camouflage qui voudrait qu'on le prenne pour (la façade au vernis craquelé...) une grande citée occidentale afin de pénétrer dans la ruralité Gabonaise !
Oula ! Ça fait un peu peur tout ça !

Un peu moins dans l’apparence, un peu plus dans le concret (mais ont ils vraiment le choix?) et sûrement plus heureux ou tout du moins en ont ils l'air.
Des villages de planches ou de torchis, toiture végétale, une touche de tôle ondulée, don de la modernité, pelouse rase, sûrement davantage pour l'hygiène que pour la ressemblance au gazon britannique de Twikenham, mais l'effet est quand même là.
Pour haranguer le chaland, en bordure de route, une installation à l'esthétique.....plutôt brute, bien plus proche de l'Arte povera que du blingbling Jeff Koons, un assemblage, plus ou moins instable, constitué de bidons (un ou deux, rarement plus) de l'ère ou l'on trimbalait les produits pétroliers en barils métalliques, donc forcément rouillés aujourd'hui et souvent emboutis, ce qui termine de rendre aléatoire l'équilibre de l'ensemble.
Une planche de bois d'arbre viens chapeauter l'ensemble, servant éventuellement de présentoir, vitrine rustique de la récolte-cueillette matinale, ou nocturne ou que sais-je mais sûrement d'avant les grosses chaleurs quotidiennes. Y sont exposés sans hiérarchie, des noix de coco, du manioc, des sachets au contenu varié (souvent du gari), du vin de palme....au verre, des bananes (de toutes sortes), des atangas et autres spécialités locales.
Pour couronner le tout une tige de bois, d'arbre aussi, planté dans un des barils, sur lequel est solidement arrimé la recette de la chasse quotidienne pendant comme l'ablette au bout de la gaule du pécheur d'étang. S' y balance au grès du vent du singe, du croco, de l'antilope et autres espèces locales d'écureuil, de castors tropicaux et de sangliers équatoriens.
Rien à envier à l'art urbain (voir post de novembre 2012) qui pour sa part continue allègrement sa contribution à l'esthétique des bords de routes de la capitale au joli nom.

 








Un orage gronde au dessus de la ville, vue de la pointe Denis lors d'un week end repos-farnienté avec les enfants et ou nous avons rencontré de fort sympathiques concitoyens, ce qui n'est pas systématique, en vadrouilles chez leurs enfants.




Chronique de l'équateur
Mars 2013

mercredi 6 mars 2013

Séjour de l'en dedans !

Jour 1
Après s'être débarrassé de tracasseries mécaniques et quelques inquiétudes paludéennes nous voilà partis, voiture chargée, encore fiévreux pour le grand sud. Première halte Lambaréné. Après avoir testé Schweitzer, nous résidons une nuit chez les sœurs de l'immaculée conception (ça fait toujours rire) le site est vraiment fabuleux.
Les briques roses des sœurs bleus sur l'Ogooué, un havre de paix.

Jour 2
Départ pour Mouila, après une nuit encore très chaude.
Sortie de Lambaréné, contrôle de police, même lieu, même fonctionnaire et même scénario que 3 mois auparavant. Nous sommes fautifs, le monsieur s'emporte autant que je me contiens, et s'indigne de notre inconscience à rouler ainsi et il est vrai qu'il est internationalement reconnu que le permis Français est redoutable et qu'il lui est préférable, et de loin, une reconnaissance Gabonaise moyennant officiellement 30 000 CFA ! S'ensuit après moultes rebondissements, dont une accusation de rechercher l'accident diplomatique (bouh, j'ai peur !), au moment de partir pour le poste de police, un arrangement se profile.....
Je pourrais, je crois, en écrire des pages et des litres, m'indigner (salut Monsieur Hessel !) des heures et des semaines.....
Zen ..... Respirer par le nez et souffler par la bouche.... Oui Monsieur, non Monsieur, on le fera plus Monsieur......Toujours droit dans les yeux .... Le minimum syndical....
Route limpide, le reste de la journée est un peu dans l'ombre de ces arrestations successives.
Arrivée à Mouila, on cherche les sœurs, on les trouve, on cherche le lac bleu, on le trouve aussi, L'incontournable visite !
Nuit sur les rives de la Ngounié.

Jour 3
Troisième jour du séjour, troisième nuit agitée, il fait très chaud, les ventilos sont bruyants, un toto à de la fièvre, encore une angoisse paludiène.


Matinée au centre de santé, test goutte épaisse, négatif. Soulagés nous partons pour Ndendé, 72 km de piste en latérite dans un état.....perfectible.
Sortie de ville (age), contrôle de police, je passe les détails, mais l’exécration et le dégout nous attrapent, nous sommes à deux doigts de jeter l'éponge et de rentrer à Libreville......Deux heures de perdues et quelques CFA plus tard nous repartons...
Zen ..... Respirer par le nez et souffler par la bouche....
Piste un peu éprouvante, surtout pour nos carrosses (âgés). On traverse des paysages de savane et nous attendons à voir surgir à tous moments quelques spécimens autochtones......Rien ! Pas un lapin de Garenne ni même une Galinette cendrée.... Sûrement l'ombre des contrôles matinaux !
Arrivée Ndendé (43 km de la frontière du Congo Kinshasa), on rencontre Père Albert, un RDC d'origine.
Enfin nous y voila, bienvenu en Afrique (oui je sais je l'ai déjà dit) !

Accueil (trop ?) chaleureux, il nous guide pour la visite du village, nous présente les officiels, Préfet, Chef de brigade (il peut nous servir...), instituteur, nous fait l'historique de sa congrégation.
Je ne sais quoi penser, il a la foi, c'est sûr, s'occupe de ses ouailles, de l'école, la chorale, différents projets avec le préfet, hyper impliqué dans la vie locale de 6h00 à 22h00 ! Une mission ? c'est sur aussi, louable ?
Il reste quand même une étrange impression, un fond de pas très clair....
Repas du soir puis on prend le (relatif) frais sous le manguier de la place, la lune est pleine, le son des chants et des tamtams monte au loin, superbe.

Jour 4
Nuit chaude, peut être va t'on finir par s'en accommoder, petit dej, omelette aux oignons, saucisses frites, le luxe.
Un enfant passe, en pleurs il a faim (il ne respecte décidément rien !) le padré sort, lui donne du pain, et en plaisante.
L'école de le relativité.
Nous quittons notre hôte pour 93 km de piste, la savane s'arrête pour laisser place à de bonnes collines boisées, la forêt, encore primaire ici (parait-il).
Rien à signaler, 2h30 de route, pas même un contrôle, quelque villages de type Boliviens de planches de tôles et de terre, puis descente sur Tchibanga, la capitale de la province du sud, 20 000 âmes dont la moyenne ne doit pas atteindre 30 ans.
L’Afrique a des ressources, humaines, géologiques, touristiques, il manque le top départ, à moins que ce ne soit dans l'intérêt de certains.
Fin de journée au service pédiatrie de l’hôpital, laboratoire d'analyse, encore un test du palu.....encore négatif.
Nuit chez les sœurs du Rosaire (?) sur un site dans les hauteurs de la ville, ancien internat dans une vielle bâtisse, beaucoup de charme dans le lieu, les locaux et la ville, on reviendra.

Jour 5
Nuit .....correcte, pas de docteur, pas de police....
Départ pour Mayumba, 110 km, on nous annonce des travaux, bérem bé !
Trente km de type billard pour commencer, puis la piste et effectivement des travaux pour que le bitume relie Mayumba à Tchibanga et terminer par un pont, lui aussi en cours de construction.
Nous prendrons donc le bac.
Quelque difficultés (légères) plus tard et nous y voila....les plus belles plages du Gabon, sable blanc, eau limpide, de beaux rouleaux et un premier bain dans l'Atlantique sud, la récompense pour les enfants (et pour moi).
Le village, de type bout du monde, possède une capacité d'accueil touristique relative au charme....délabré, pas de pain ni de resto !
A la recherche de l’authentique, on doit pas être loin.

Jour 6
Très gros orages durant la nuit, ces dames craignent l'état de la piste, alors on hésite, on discute, on palabre, on tergiverse bref ......on fait 1/2 tour !
Piste pour Tchibanga, finalement plutôt correcte au vu des trombes d'eau tombées. On passe la nuit sur un autre site, ma capacité de religiosités étant atteinte, on trouve un hôtel.... normal ! Largement aussi agréable, Tchibanga nous a tapé dans l’œil, baignée par la Nyanga, encerclé de vertes collines, nous y sommes revenus, et y reviendrons sûrement.

Jour 7
Grande étape jusqu'à Lambaréné, on trouve une astuce pour les contrôles, les fiévreux sont retombés dans les alentours de 37,5, les véhicules ronronnent, la température est clémente, une pacotille de presque 400 km.
On retrouve avec plaisir les sœurs bleues, qui n'ont de bleu que le nom (je rassure les lecteurs) et aucun rapport non plus (du moins je suppose) avec les hommes bleus du désert.

Fin de séjour en dedans, retour à la (non)civilisation, sans enthousiasme, aucun !



samedi 23 février 2013

Le manque de civisme me fatigue et m'inquiète

Voila plus de 6 mois que nous sommes sur l'équateur et je ne comprends toujours pas la logique en vigueur sous cette latitude. Je persiste à penser qu'il en existe une, pour me rassurer, mais je commence une éventuelle supposition d'un début de doute sur sa non-existance. Tout parait décousu, sans anticipations, une louche de religion, quelque poignées de paraitre, la négociation (cadeau, backchich ....appelons le comme on veut) à tous les étages de la rue aux grands bureaux !
Grand écart culturel ? Surement plus que je ne pensais.
Choc des civilisations ? Déçu de la constater, je ne me sentais pas autant européen.
Pourtant la façade (au moins dans la capitale) est volontairement aux couleurs occidentales de la consommation triomphante, mais le vernis, pourtant récent, est déjà craquelé (non le climat n'y est pour rien) et laisse apparaitre un fond peu reluisant. C'est d’ailleurs le principe même du vernis ........

Il y a donc une logique....

Surtout lorsque l'on s'éloigne de la ville, vers la nature.

Marée montante.


Une journée sympa, pique nique au Cap Estérias, Margaux, Cohiba (on ne se refuse rien, privilège de l'age..) et ou j'ai enfin rencontré Martine, oui, oui, LA Martine de Martine au Gabon, vous ne connaissez pas ? Alors courrez vite   ici .

Un morceau de mangrove encore vers le Cap

Le phare du Cap Estérias

dimanche 10 février 2013

C'est fatigant une ville, le jour aussi.

Libreville 04 février 2013.
Depuis 7h00 ce matin nous sommes autour de 35 ° avec pas loin de 100% d’humidité. Le moindre effort, la moindre station extérieure, même immobile, même à l'ombre et me voila trempé jusqu'aux chaussettes. Pourtant tout est comme d'habitude autour de moi, les gens (les autres) subissent leur quotidien autant que le climat, tout le monde vaque (plus ou moins) à ses occupations habituelles. 
Je doit être seul, mais je n'en doute plus (et comme disait JJ, si je ne vaux pas mieux au moins suis je un autre), à le ressentir, une espèce de micro-climat-bulle s'est installé sur moi, assez inconfortable.
J'avais déjà remarqué qu'à plusieurs reprises, des bulles (pas climatiques) m'aimaient bien, m'englobant régulièrement, souvent des bulles sensibles, d'autres esthétiques, certaines d'incompréhensions. Chaque fois des bulles du même type : Des monoplaces, des tandems auraient étés trop belles, pouvoir partager, avec un proche (ou même un moins proche). La famille des bulles amplificatrices, un genre d'effet de serre sensitif.
J'ai déjà vu chez d'autres (des gens) des bulles de famille opposée, les bulles isolantes qui insensibilisent ou rendent tout jugement inesthétique....
C'est drôle comme on le remarque plus chez autrui .....

La pointe du Cap Estérias vu de la Sablière
L'orage arrive sur la pointe Denis


jeudi 24 janvier 2013

Tranche de vie 2

Jeudi 24 janvier 2013
10 h00 je suis encore à la terrasse de Pélisson.
Beaucoup d'hommes, importants, surement investis de missions, sinon divines, au moins d'affaires. En ces temps plutôt grisouillants, certains auraient tendance à faire un mix des deux, faisant l'une et se sentant de l'autre.
Bref, des hommes en costumes pour la plupart, cravatés pour les occidentophiles, deux pièces manches courtes pour les plus classiques.
Ils discutent actualité, refont les conflits internationaux et commentent les potins de quartiers, sûrement leur pause matinale. D'autres en uniformes, lunettes noires, médaillés comme un arbre de noël, n'inspirant guère à la déconnade, participent à cet exercice démocratique du café du commerce.
Évoluant sur cette même terrasse, un autre individu, dans l'indifférence quasi générale, œuvre à la brillance des souliers en cuir de ces messieurs.
Un homme, plutôt jeune, toujours le même, sûrement sélectionné pour sa discrétion et son professionnalisme,  élégamment vêtu sans pour autant être déguisé, participe à son niveau, au bon fonctionnement du système.
Traité avec un léger mépris dû à son rang inférieur, socialement et spatialement, ne s'adressant à lui qu'avec des gestes de la main, parfois même un claquement de doigts (sûrement un fan des Stones !) et un sourire crispé (forcé) pour lui donner la pièce.

Encore un joli moment d'humanité.....

....Le grand soir n'est pas pour si tôt !


....Alors en l'attendant, je traîne mes carnets et boites de couleurs sur la côte, guettant un drapeau noir ......







dimanche 13 janvier 2013

38ème marathon

38 ème édition du world wide sketchcrawl (ou marathon de croquis), déjà le deuxième au Gabon et toujours à Libreville.
....Sinon tout est dit sur le flyer ....



Oui, je sais, il faut que je règle la date de l’appareil photo


Ya pire ....

mardi 1 janvier 2013

Séjour à l'intérieur.

26 Décembre, 
Lambaréné, jour 1
Départ 8 heures de Libreville, jusqu'au PK12 s'ensuit une série d'échoppes, de gares routières, de stations de taxis, de marchands ambulants, bref, le bordel.
Ensuite une série de travaux et de route défoncée  garnis de nids d'autruches, que dis-je, de gouffres à brontosaures pendant une centaine de kilomètres, juste de quoi se dire que l'on va y mettre la journée. Et après, un billard à peine croyable sur les cent et quelques derniers kilomètres.
Bref, après 4 heures de route et avoir traversé la ligne de l'équateur nous voila à Lambaréné et par la même occasion dans l'hémisphère sud !
On cherche  la fondation de l’hôpital Schweitzer et soit nous nous bonifions, soit nous nous habituons mais on le trouve, sans trop de galères.
Repas sur une terrasse surplombant l'Ogooué, sanglier, capitaine à l'odika, puis visite de la partie historique de l’hôpital, la tombe d'Albert, sa chambre, son lit, son bureau, ses lettres reçues d'illustres contemporains (l'Abbé Pierre, Albert Einstein, le Prince de Monac.....), ses chaussures (Pointure 45 !), son piano, toute son intimité étalée devant nous, presque indécent.
Fin d'après midi chez les sœurs de la confrérie de je ne sais plus quel ordre, ah oui, l'immaculée conception (la bonne blague !) le site est remarquable, l'architecture des bâtiments de briques roses, le sol en tomettes, vue imprenable sur le fleuve. Il faudra revenir, le lieu sent bon l'humanisme (ce qui n'est pas incompatible) tout de simplicité et de gentillesse.
Retour chez Albert, où le site n'est pas en reste, en face, sur l'autre rive.
Repas dans la salle commune, avec le corps médical au quotidien atypique.
Repos.
Embarcations amarrés sur l'Ogooué



Lambaréné, jour 2
Lever 6h30, réveillé par la forêt de cette case ouverte sur l'Ogooué ou seule une moustiquaire (question de survie) nous sépare de la nature.
7h30 petit dej en salle commune.
Programme : 9h00 départ pour une visite en pirogue du fleuve et d'un lac proche de la ville.
réalité : 10h00......L'école de la patience, effectivement ce n'est pas grave, personne ne s'énerve, c'est comme ça !
Existe t-il des statistiques sur le stress au travail ici ?
Bref, accompagné de notre guide "Yaya" nous voila parti dans les méandres du fleuve, slalomant entre les papyrus et autres espèces de plantes aquatiques. S’engouffrant dans les bras d'eau ou la forêt n'autorise qu'une seule pirogue à la fois et débouchant sur un lac majestueux constellé d'ilots plus ou moins importants. 
2 heures hors du temps, à faire rêver même un citadin convaincu.....même un Parisien. Alors moi.......bon client que je suis de tout ceci....j'en rêve encore....et encore longtemps.
Terrasse sur l'Ogooué


Lambaréné, jour 3
Départ pour l'aventure, nous prolongeons d'une nuit afin de pouvoir visiter une mission perdue dans la forêt, j'ai du convaincre ma douce, non sans mal de s'enfoncer un peu plus, de rencontrer, découvrir, de se remplir.
1h30 de route plein sud puis nous quittons la nationale 1 pour une piste de latérite en relativement bon état, 30 minutes plus loin, le village de Sindara, on cherche notre chemin pour la mission abandonnée et on le trouve, nous sommes vraiment en forme !
La piste s'étroitise, la végétation se fait de plus en plus présente, puis au bout de quelque distance, un vieux portail métallique, forcément rouillé, ouvert sur une allée, meilleurs que nous sommes nous essayons, bingo, la mission.
2 groupements tout en briques roses avec arcades autour d'une clairière faisant office de place de village, pas si à l'abandon que cela mais pas une âme (humaine).


Le site est désert mais parait (au moins) partiellement habité. Pause repas, visite de la chapelle notre dame de l'équateur, il fait très chaud, le temps d'un croquis et nous repartons.
Nous croisons alors une femme revenant des champs avec son enfant, on s'arrête demander quelques renseignements et elle nous envoie un peu plus loin, en continuant la piste vers le dernier village en bord de rivière.
Demi tour, je sens ma moitié s'acharner sur les poignées au fur et à mesure que l'on avance et que la piste rétrécit, quelque kilomètres et voila Douani, personne et fin de la route. C'est alors qu'un jeune homme vient à notre rencontre et nous accompagne vers la rivière par un chemin ou, comme la veille, la végétation n'autorise qu'un seul véhicule. Madame termine d'arracher la poignée sur les derniers mètres (en côte et chaotique).
L’hôpital Schweitzer
Cul de sac, nous terminons à pied, c'est le lieux d’amarrage de leur pirogue pour la pêche, une des principales activités avec la chasse et les champs. Un rapide, la chute Tsamba, surplombe les lieux, magnifique, nous ne sommes pas en saison sèche et les eaux sont puissantes, pas d'animaux.
Retour au village, ma passagère se détend, nous cherchons comment remercier Sylvain, notre guide, et le chef du village se présente et vient vers nous -nous aurions du commencer par là- le protocole....ici aussi....Nous échangeons, moment officiel, plutôt sympathique. Il nous parle d'un planteur d'ananas, nous irons donc lui en prendre.
Fin du protocole, on repart avec Sylvain dans la forêt, vers la plantation, dix minutes de marche, du vert partout, la végétation intense et il fait toujours très chaud. 
Une clairière, le champ.
Le planteur, un homme mur, un sage, avec ses enfants est assis à l'ombre d'un majestueux manguier, à écouter pousser ses plants, il nous accueille chaleureusement. Peu de blancs dans les environs et une saine curiosité, qui êtes vous ? Que faites vous ?..... Une belle rencontre.
Nous repartons avec 3 ananas, offerts (!) pour nous remercier d'être venus jusqu'à lui. Gênés, on laisse un petit quelque chose aux enfants, je ne sais pas si c'était une bonne chose....
Retour Lambaréné, repas centre ville, trop gros contraste, fatigue, Schweitzer.

Jour 4.

Retour sur la capitale, quelques arrêts prévus, notamment sur la ligne de l'équateur et d'autres imprévus, on quitte la N1 pour trouver un coin repas tranquille (une aire de repos quoi !)-piste de latérite- quelques ponts de planches plutôt précaires- ma compagne regrette d'avoir achevé les poignées et s'attaque aux garnitures du siège-
Arrêt à l'ombre, au milieu d'une plantation d’hévéa, un homme sort du bois, le récolteur (?) et nous explique son job, seul dans plusieurs hectares à entailler l'écorce.

Chroniques de l'équateur.
Libreville le 31/12/12.



Bonne année 2013 à tous