Tous les dessins, croquis et aquarelles figurant dans ces pages, sauf mention contraire, sont réalisés exclusivement sur le motif avec parfois, pour des raisons climatiques ou temporelles, des finitions en atelier.
La plupart sont sur carnet, quelques uns sur papier libre et dans les deux cas ils ne sont pas libres de droit, merci de me demander l'autorisation de reproduction.

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dimanche 19 mars 2017

Sénégauloiserie

Après six mois d'inclusion Sénégalaise à arpenter Dakar dans presque tous les sens, nous sortons enfin de la bouillonnante capitale pour nous rendre à quelques soixante kilomètres au sud. 


La vue côté sud et le petit "Gora Ciss" qui a voulu que je le dessine.
  


Toubab Dialaw, un village en bord d'océan sur une côte toute en plage et falaises à l'apparence d'une sénégalaise tranquillité qui héberge, entre autre, la célèbre "école des sables" de la danseuse chorégraphe Germaine Acogny, figure de la danse africaine et bien plus encore. Entre autre parce que aussi connu pour les multiples activités culturelles de l’hôtel/auberge/centre artistique Sobo Badé qui attire et accueille artistes en résidence, pseudos artistes et autres touristes cherchant à dorer le blason d'un séjour jusque là merveilleusement fadasse d'un metissage resto/plage pour retraités, surement reposant au demeurant.


La vue côté nord
 
Dans un cadre d'un apaisant mescladis associant les architectures de Gaudi et une touche  Dalièsque, ce qu'il faut de verdure et de délabrure pour s'y sentir bien. Sous des latitudes plus toubabesques on pourrait parler de boboïsme, cuisine bio et artisanat de rigueur. Dominant la plage, perché sur la falaise, le site offre en  outre un panorama cartepostalique sur l'océan et la partie de la côte jusqu'à la grande ville. Le couple de tenanciers franco-haïtiens résident sur place participent aussi à la douce atmosphère que dégage le lieux.
 
Une bulle dans le désolant marasme de période pré électorale en toubabie. 






Après un premier acte aux younaïteudstaytes, tout ce que la démocratie a de plus médiocre et improductif alimente le touspouritisme.
Le peuple ne se déplace plus voter ?
Il ne reste guère que notre élite (ça fait mal de les nommer ainsi) pour s'en étonner. Trop occupés qu'ils sont à préserver leurs privilèges de monarques, se coupant chaque jour davantage des réalités quotidiennes de leurs vils sujets.






Et sinon, une expo collective organisé par le Dakar Women's Group m'a fait l'honneur de m'inviter pour leur trentième anniversaire. C'est à Dakar, Place du Souvenir Africain du 31 mars au 3 avril.

 





vendredi 24 février 2017

Bribes de quotidienneries févriéristes



6h20, il fait encore nuit, le muezzin a déjà terminé son deuxième appel à la prière, je quitte la maison encore somnolente, les rues sont désertes, mal éclairés. Je rejoins la route principale en évitant au mieux que possible les tas de gravas et zones trop ensablés, les ménagères n'ont pas commencés leur services, les rues ne sont pas balayés. Je remonte vers le terminal, croise quelques ombres endormis et espère l'express. J'attends, la rigueur horaire est une notion très abstraite ici. 

 
D'autres silhouettes me rejoignent, le bus arrive et se remplit.


La rade de Gorée



6h30, le départ, en quelques hectomètres le wagon se bonde (au sens africain du terme), une armée de fantômes, qui, comme moi, s’apprête à rejoindre le centre de Dakar. Quarante cinq minutes de trajet, où l'on commence par se perdre dans les dédales de Ouakam. La vie s'allume doucement, à la mesure de notre progression, quelques échoppes alimentaires, quelques brulots pour se réchauffer, les zombies prennent petit à petit, forme humaine.





6h50 on retrouve une des principales avenues qui traverse la citée, quartiers Mermoz, Gueule Tapée, Médina. Des jolis noms aux saveurs d'aventure exotique  et des histoires socialement très différentes.


Idem mais en face


7h15 le plateau, la journée n'est encore qu'une lueur au bord de l'horizon, juste derrière Gorée. Le centre est inhabituellement calme, quelques charrettes, quelques brouettes viennent alimenter les marchés, les taxis jaune et noirs débutent leur laborieux travail de saturation des voies. Le bus commence à peine à déverser son trop plein, ici et là, puis arrive enfin mon tour, je m'extrait de la boite et termine mon trajet à pieds. Je prends un café en terrasse, face à la cathédrale, l'animation monte graduellement avec le jour. Les collégiens et lycéens finissent leurs petits déjeuner achetés dans la rue pendant que d'autres plient consciencieusement les cartons dans lesquels ils ont passés la nuit.


Le phare des mamelles



7h30, je règle l'addition, mille francs, le soleil se lève, c'est l'heure.