Tous les dessins, croquis et aquarelles figurant dans ces pages, sauf mention contraire, sont réalisés exclusivement sur le motif avec parfois, pour des raisons climatiques ou temporelles, des finitions en atelier.
La plupart sont sur carnet, quelques uns sur papier libre et dans les deux cas ils ne sont pas libres de droit, merci de me demander l'autorisation de reproduction.

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vendredi 9 septembre 2016

Transition(s)

Lundi 22 aout, 16h00

Dakar, le phare des mamelles et au loin, dans la brume Ouakam et les Almadies
Voila, nous y sommes, un dernier café à l'intemporelle terrasse du Broussy à Rodez, de laquelle j'aime assez remplir mes carnets et me sentir une âme d'artiste. Le lieu s'y prête assez bien, dans son jus art déco de 1923, flotte encore quelques grands esprits qui ont jadis hantés la grande salle.

Profiter encore un peu du soleil légèrement moins fort de cette fin d'été. On repart demain et la vie poursuit son grignotage, à grand coup de caterpillar. Un perpétuel chantier bondé de bulldozers, de tractopelles, de gros camions et de quelques tirs de mines.
Peu de place pour les albatros.



Mardi 23 aout, 18h00

En transit à Madrid, assis dans l'airbus A321, siège 15F du vol IB 3328, fatigué, j’attends impatiemment le décollage pour notre destination finale sur la péninsule du Cap vert, terminus la capitale du Sénégal.


Vendredi 26 aout, 21h00

Dakar, quartier Ouakam, citée assemblée, au pied de la mosquée verte ou le muezzin a terminée ses appels à la prière du vendredi.
Assis sous les manguiers, dans la cours de notre maison, il fait encore chaud. Et pendant qu'une armada de bruyants et insolents nocturnes volatiles se délectent des fruits bien murs, je trouve enfin quelques moments pour noircir un peu mes cahiers.
Après trois jours à courir la citée pour rapidement en finir avec les démarches, ô combien passionnantes, de notre installation et se faire une première impression de la ville, des gens, de l'ensemble, on se pose enfin.
C'est grand, la ville, les gens, l'ensemble et ça correspond en mieux (mais jusqu'alors ma seule référence en sénégalisme était les feu Martin Circus !) à l'idée que je m'en faisait, hormis le nombre hallucinant de moutons que l'on trouve partout, au cœur de la capitale. 
C'est bientôt la fête de la Tabaski et les marchands de la région ont rejoins la ville pour faire commerce des bestiaux.

Lavage du "mouton" en bord de mer
[Tabaski : nf, nommée aussi l'Aïd-el-kébir dans les pays du magreb, correspond à la fête du mouton. Dans la réalité des choses, telles qu'elles se déroulent dans la vraie vie, c'est la fête de tout le monde sauf des moutons justement. Exple : “Bachar !, Demande Vladimir, pourrais tu cesser de fêter le peuple Syrien ?”]


Confortablement installé à l'ombre de mes arbres et fraichement débarqué dans cette nouvelle citée, j'aime assez me sentir une âme d'aventurier. A l'instar d'un Pierre Savorgnan de Brazza, qui après avoir sillonné, entre autre, l'Ogooué, le grand fleuve du Gabon, Libreville, Lambaréné, La Lopé, Sao Tomé et bien d'autres contrées tout aussi hostiles (:-)), est venu s’éteindre ici, à Dakar, il y a 111 ans presque jour pour jour. N'ayant pas la prétention d'y arriver à la cheville, ne serait-ce que par manque de courage, de foi ou d'esprit colonisateur, je n'ai pas non plus, par soucis de ne pas reproduire à la lettre son parcours, l'intention de m'éteindre en ces lieux. Pas d'ici quelques décennies en tous cas !

Le Phare des "mamelles"
Pendant ce temps Libreville, comme son nom ne l'indique pas, est en route pour la révolution de la feuille de manioc et en finir avec plus de 50 ans de bongoïsme, on peut aisément comprendre l'envie de changement. Sauf qu'ici le changement est incarnée par un des sbires du papa et ex-beau-frère du roi actuel.....Qui pourrait avoir envie de se créer lui aussi sa petite dictature bananière d'Afrique centrale pour un demi siècle, histoire de se mettre à l’abri du besoin pour plusieurs générations. Comme toutes les démocraties frontalières ma bonne dame !


Un jour, un vieux sage a dit qu'il avait entendu dans son enfance un plus vieux sage que lui proférer qu'il existe une vieille théorie qui rapporte que les hommes peuvent changer...



....il n'a malheureusement pas précisé si l'oracle avait lieu uniquement lors des campagnes électorales !


Alain-Bernard dans son costume d'apparat.





jeudi 18 août 2016

Chronique aoutienne





De retour en Aubrac, une parenthèse sous le soleil sibériens aveyronnais (7°c le matin, ça pique un peu). 







 
Quelques jours à écouter le silence des hauts plateaux, s’imprégner de sa lumière presque américaine et regarder le vent, être sensible.


 
 

Besoin d'espace et en manque de vaches, de vrais, maquillés au khôl, les cornes en lyre et la robe ocre. 



Quelques mâles, ponctuent les troupeaux de leur masse sombre et imposante et semblent heureux auprès de leur harem. Paisibles et énormes, à l'image du décor dans lequel ils évoluent.
 
Burons vers Nasbinals


L'ensemble fournissant l’essentiel des attraits parisiennement touristique du lieu. Les cornes pour le manche des célèbres couteaux, la tome fraiche (le lait), principal ingrédient quasi-endémique de l'aligot et la barbaque, enfin, leur principale raison d'être, pour accompagner le suscité.

Chaque chose à sa place.

 

A droite le village d'Aubrac









La première n'est pas pour se délecter, il faut y revenir encore et encore, même si, dans quelques rares domaines, la première fois reste inoubliable et onctueusement délectable !


 




Et sinon ?









Quelques jours dans les Alpilles, pour clôturer le summer tour 2016.

Besoin de chaleur et en manque de bling-bling, du vrai, de la Porshe et du mocassin à pompon, du petit pull bleu ciel noué autour du coup et des clubs de golf négligemment jetés sur la banquette arrière du cabriolet, la parisian-touch.


Mais pas que .....

Une horde de Lozériens, des toulousains, quelques gars du ch'nord , un taureau andalous et du passage d'horizons aussi divers que variés, pour partager quelques bons moments.






Rencontre aussi avec Michel Deshays, l'auteur d'Arthus (http://www.arthus.club/) entre autre, avec lequel nous allons sortir un autre album/cd en novembre et d'autres jolis projets à venir.










Et voila !

 
 Rendez vous en Septembre où le prochain post sera donc Dakarois ....bérèm bé !

jeudi 4 août 2016

Summer time

Été aveyronnais, 15°c le matin dans la capitale des ruthènes, un temps à pas mettre un gabonais dehors à moins de faire les lieux de culture.
Ça tombe bien, le musée Soulages nous propose une bien belle expo, de himself, of course, mais aussi et surtout, dans l'espace temporaire, de Pablo Diego Jose Francisco de Paula Juan Nepomuceno Crispin Crispiniano de la Sentissima Trinidad Ruiz Picasso, qui signait heureusement ses œuvres qu'avec son dernier matronyme.
 

  
Plus de quatre vingt dix pièces venus d'un peu partout (Paris, Antibes, famille), des peintures, bien sur, des gravures, photos, vidéo, le tout s'échelonnant de 1907 à 1956. Des œuvres majeures, comme le Portrait de Dora Maar de 1937 ou Femme assise dans un fauteuil rouge de 1932 mais aussi des moins connus comme le peintre et son modèle 1926 ou Françoise sur fond gris (litho) 1960

Cool !
Et sinon ?




 Quelques pèlerinages :


A Conques pour commencer, sensible aux ondes romanes et à celles des vitraux du grand Pierre.

    
En Aubrac ensuite, où le ciel est aussi grand que dans le grand nord ou dans les déserts et l'air aussi vif qu'il peut être moite en période des pluies, quelque part en Afrique centrale proche de l'équateur !
 
 C'est dire ....

Place St Pierre



A Toulouse, enfin ou avait lieu le 52ème rendez vous des Urban Sketchers sur les berges de la Garonne. Entre les places St Pierre et de la Daurade, une journée à croquer la ville rose, en compagnie d'une vingtaine de bonnes gens, de niveau, de technique et d'ages aussi divers que variés, et inversement.

Bonzai sur la Garonne
Un bon moment.







Sur les quais , juste en face











Puis en apothéose de ce dernier weekend juillettiste, où pendant que le peuple s'amuse avec le médiatiquement traditionnel chassé croisé d'avec les aoutiens, nous nous sommes activés à tenter de rendre le monde meilleurs avec une bonne troupe d'anciens, et d'encore, St Pierrais.

Au risque d'en décevoir certains, nous n'y sommes pas parvenus. 

Malgré notre bonne volonté, notre insistance tardive et l'aide de quelques spiritueux, la soirée fut bonne mais improductive.
Nous voila donc contraint de remettre le dossier à plus tard, obligés, donc, que nous sommes à renouveler la soirée, rendez vous est pris l'été prochain, finalement un bel happy end !


Mescladis Tolosan


Derniere réalisation Librevilloise :

video

mercredi 13 juillet 2016

El ultimo del Gabon


La skyline de Nyonié à l'encre de chine et au calame

Ça y est



Mardi 05 juillet, 7h35
Vol AT 0537
Nous quittons le Gabon






Après quelques dernières surprises lors des formalités d'embarquement, comme un baroud d'honneur des services aéroportuaires, cadeau de départ.

C'est sur, ils se sont fait passer le mot !

Nous décollons et à l'heure, mais quelques temps plus tard notre vol est détourné sur Lagos, Nigéria.

Hassan II de Casablanca
Un malheureux voyageur de business class fait un malaise cardiaque. Double peine, il sera soigné à Lagos !

Ou pas !

Après plus d'une heure d'escale forcée, nous repartons. 
Forcément avec près de deux heures de  retard, notre correspondance au Maroc, qui devait s'effectuer en une heure est largement compromise.
Pour ceux qui connaissent le passage en douane à l'aéroport Mohamed V de Casablanca, une heure pour enquiller une correspondance, c'est déjà un parcours sportif, alors avec  deux heures en moins....

Nous héritons d'un séjour de 16 heures todo incluido à la maison blanche aux frais de la compagnie.
 
Que l'on met à profit pour rendre visite à l'impressionnante mosquée Hassan II et le souk de la vieille ville en compagnie d'un authentique Casablancais taxi man.




 Ya pire.






Mercredi 06 juillet 6h20

En vol vers la pincée de tuiles

Une page est tournée


Nyonié en une image, les connaisseurs reconnaitront

 
Auparavant, nous avons effectué un ultime pèlerinage de trois jours à partir de Libreville, se remplir une dernière fois les yeux et ce qu'il y a derrière de ce que le Gabon peut offrir de meilleur.
Loin de tout, perdu entre la forêt et l'océan, à mi distance entre Libreville et Port Gentil.
 
La forêt en sépia brou de noix et calame





Incontestablement la meilleure adresse à des miles à la ronde.
Puisque la seule.






Décollage d'un "trapanel" sur la piste de Nyonié













Le campement de Nyonié (Aquarelle sur papier coton)


dimanche 26 juin 2016

Fin de règne : Dernier opus

L'année s'achève, dans une relative fraicheur de saison sèche.
Apprécié.
Parce que la dernière ? Pas uniquement, juste parce que appréciable.
 
J'ai passé la plupart de mes pauses déjeuner réfugié chez "Salma". Un restau/Maquis/fastfood marocain installé tout proche et envahit quotidiennement de stupides et bruyants lycéens, pour une grande partie. Ponctuellement quelques lumineuses lumières illuminent l'assemblée, souvent par discrétion, parfois par maturité et la plupart féminines, allez savoir pourquoi. Il faut dire que ces moustaches de fumeurs pré pubères et amourettes alternatives de télénovelas, saupoudrés d'exploits de soirées alcoolisés, me laissent indifférents.
Insensible aux charmes virils de l'adolescence !
J'apprécie le contraste de nos univers, d'autant que, pour l'avoir vécu, je connais le leurs et j'assume pleinement, sans non plus en être fier, le "stupide et bruyant".
Étape incontournable ? Rite initiatique ?
Certains y échappent et n'en semblent en rien affectés, mais heureusement la grande majorité en ressort indemne et sans séquelles. 
Quand aux autres....supporter de foot ? 

 
Il fait frais, disais-je, le ciel prend progressivement une teinte gris pâle uniforme, d'automne picard, assez peu intéressante pour faire des images. 
Les pluies ce sont tus et les policiers accentuent les contrôles, ce qui n'a strictement aucun rapport, mais c'est, nous dit on, classique des périodes pré-électorales (pas la pluie....). Expédier les immigrés et s'assurer un petit pécule, sait on jamais de quoi demain sera fait.
La ville commence à se vider de ses expatriés, une routine saisonnière, là aussi mais légèrement amplifié par les présidentielles de fin aout....
...Et nous faisons partie du lot.


 

Nous n'aurons donc connu ici que l'ère Bongo, ce qui n'est en rien un exploit puisque c'est le lot de tout le monde depuis près de cinquante ans. Depuis 1967 la famille est aux commandes, avec le père, Albert-Bernard, rebaptisé Omar en 1973, devinez pourquoi, puis Alain-Bernard (depuis 2009) rebaptisé Ali à la même date. C'est donc Ali, l'actuel, qui remet son titre en jeu lors des élections à venir. 
Quel programme !



Sinon, soirée au "Lokua", pour croquer Michelle.
Michelle n'étant ni une pomme ni mon amante.
Depuis le temps que mon emploi du temps ne me le permettais pas !
Enfin ça y est.
Dans une ambiance feutrée de pub londonien mixé sauce Louisiane ou autre état du sud très jazzy, en parfait accord avec l'excellent son distillé par le trio/quatuor de ce soir .
Un saxo, un clavier, une guitare et une voix (celle de Michelle).
Un répertoire hispano/anglo/franco/phone, parfois revisité avec justesse mais toujours en harmonie avec l'ensemble.
Une jolie soirée.
 







samedi 28 mai 2016

Chronique du fait ce qu'il te plait...

...dit ce qu'il te plait, pense ce que tu peux.


Une des dernières chroniques sous cette latitude ou les jours sont comptés, pas grand chose à rajouter à l'histoire.
Mon étroitesse d'esprit me permet à peine de camper bêtement sur mes positions à propos de cet obscur pays de forêts. Pas de bilan, je déteste ça, à peine un constat.  
J'ai un peu trainé ma grande carcasse sur plusieurs continents et dans les deux hémisphères mais j'avais, je crois, encore jamais évolué dans une ville si peu accueillante. Certes ils ne m'attendaient pas et n'avaient pas besoin de moi...... c'est peut là le (leur :-) problème.
.... Qui n'est que le mien, ou presque. Bon nombre de bipèdes se satisfont grassement de la situation, une bonne brouette s'en contente ou s'en tape (ici ou ailleurs...) et la dernière poignée, dont je suis, aspire à quitter le navire et observer, d'un œil distrait, son hasardeuse errance. Avec, embarqués, quelques homo-sapiens qui comptent (ou ont comptés) et qui restent, une espèce d'incompré-admiration !


Rodrigue en pleine action
Frappé de nomadisme, certainement, mais pas du syndrome de l'herbe du voisin, je n'idéalise pas l'ailleurs.
Je ne sais pas s'il sera mieux, mais au moins sera t'il différent (merci Monsieur Courbet). C'est déjà une satisfaction, ne serait-ce que par contraste avec l'épaisse moiteur de cette infinie palette verdoyante. 
 
Un parti pris esthétique ? 

Pas uniquement et surtout pas essentiellement, sauf si le comportement de mes semblables peut se classifier sur une échelle esthétique !
Esthétique fraternelle, esthétique sociale, esthétique de la corruption ?



What else ?

Après la lumière nord américaine, ses nuances de neige, ses mégapoles et ses ciels immenses, après l'étude approfondi des verts (du jaune au bleu) et le charisme de ses végétaux (du prétentieux Okoumé, au punk cocotier et nuageux badamier), après les pierres aux couleurs chaudes des maisons du sud, j'espagine trouver au Sénégal (en plus de la Teranga) de l'ocre, du ciel bleu et des pagnes saturés.

[Espaginer : v. 1er grp. Contraction d'espérer et imaginer. Ex : Monsieur Jaurès n'aurait jamais espaginé qu'un gouvernement socialiste puisse en arriver là.]

D'ici deux siècles je serais au point sur tous les tons, tous les sujets et toutes les luminosités, je pourrais alors envisager sérieusement une carrière dans la peinture. 

 
Assalas en lisière



En attendant je bricole encore avec des couleurs, quelques outils et des supports pour fabriquer des images.

La dernière en date, une aquarelle sur papier coton, en partance pour les pays de la Loire (Nantes).

vendredi 29 avril 2016

Trip RSA part 2 : Jobourg

Résumé de l'épisode précédent (ou épisode complet ici) :
La tribu au complet est en vadrouille et se rend, pour un séjour d'une dizaine de jours, en Afrique du sud. Vol à partir de Libreville via Addis Abeba en Ethiopie. Après une première partie du voyage dans le parc Kruger, nos aventuriers en limousine se tournent maintenant vers la capitale économique du Pays : Johannesburg, Joburg pour les intimes.

Skukuza dans le Kruger (à gauche)
     20 avril, 21 avril (bon anniversaire sister)

Visite de Jobourg et du South West Township, plus connu sous le romantique sobriquet de Soweto. La maison de Mandela, le mémorial Hector Pieterson, le musée de l'apartheid et tous les lieux qui forgés, à grand coup de brique dans la tête, d'armes automatiques et de litres de sang associés, l'histoire de la fin de la dictature blanche en Afrique du sud.
Nous n'en sommes pas ressortis indemnes, nous non plus, juste un peu moins marqués physiquement que les acteurs de l'époque.


La courte distance qui nous sépare des faits ajoute à l'intensité des lieux, quoi qu'en dise les deux jeunes bipèdes de notre création, qui nous suivent partout depuis 10 et 15 ans, en 1995, les brontosaures avaient déjà disparus.
Les nombreux documents vidéos (bien que VHS, attestent de la non Tyranosaurienne époque) d'une extrême violence, les impacts de balles ci et là sur les lieux de 76 et la très visible vague d’immigration qui a immédiatement succédé à la chute de ce régime, nous rappellent que l'histoire est là et pas encore terminé. Je parle des 60 ans d'apartheid pas des 90 ans de la queen, vous l'aurez compris !
Se rajoute à tout ça les problèmes inhérents à l'impossible assimilation en si peu de temps de millions (oui, oui, six zéros) d'arrivants, ayant pris place des quelques milliers d’Afrikaners, décidant subitement, à l'insurprise générale, d’émigrer pour l'Australie ou la Nouvelle Zélande.
Pas facile. 
Perceptible sentiment d'amertume d'en être (que) là après tous ces efforts, tous ces combats, tous ces sacrifices.
Mais la vie continue et s'organise dans un très très sensible équilibre entre une aspiration à la douce saveur occidentale, confortable continuité du modèle économique déjà en place d'une part et un aménagement (légitime) à la sauce africaine. Le tout en veillant à respecter la charte de la liberté établi en semi clandestinité en 55 par le congrès de l'alliance (réunissant l'African National Congrès, le parti communiste et le congrès des démocrates) et introduite dans la constitution sous l’ère Mandela.

Toujours pas respecté !

La guest house, à Melville

Sinon, c'est l’Amérique ! Des malls xxl, des 8 voies en ville, des buildings Manhatanesques et ce parfum, par moments encore lisible, dans l'air des pionniers de l'or. Raison d'être de la citée.


   



     23 avril

Après une escale à Addis, identique à celle d'il y a douze jours. 
Décor de guerre - favélas - Manhattan - Fantômes et toujours ce flamboyant désertique tramway.

Nous revoila sur la route du retour vers la fade moiteur de Libreville, pour la dernière fois.


Vallée de la Létaba dans le Kruger




lundi 25 avril 2016

Trip RSA part 1 : Le nord

Dimanche 10 avril 9h00.

Enfin les vacances.
Nous voila embarqué, ce coup ci, à destination de Johannesburg, acheminé que nous sommes par un Boeing 787-8  d'Ethiopian air line pour 10 jours de road trip dans le nord du pays de Nelson. Pas l'amiral, ni Monfort, l'autre.
Libreville- Johannesburg via Adis Abeba, quasiment 24 heures de voyage dont 12 de transit en Ethiopie.
Arrivé à la la capitale du roi rastafari à 21 h00 (heure locale), il fait frais mais nous sommes à 2400 m, c'est un peu normal. Nous passons facilement le service de l’immigration, qui nous gratifie d'un visa temporaire en seulement quelques minutes, sans même un questionnaire inquisiteur !
Un transfert nous est proposé par la compagnie, accepté, nous traversons une partie de la ville. Extrêmement contrasté. Nous passons de Time square aux favelas avec de temps à autres un paysage Syrien après le passage de l'aviation Russe ou Française. Des trottoirs éventrés, des bâtisses effondrés, quelques échoppes éclairés, des fantômes errants et un flamboyant tramway déserté.
Nous arrivons à l'hotel.
Le charme kitch et décrépit de ce qui a dut être, un jour, du luxe.
Ambiance tendue.



Lundi 11 avril


5h00 le muezzin nous réveille, c'est parfait car 45 minutes plus tard une navette nous fait rebrousser le chemin jusqu'à l'aéroport.
 Décor de guerre - Sao paulo - Piccadilly Circus - fantômes - tram toujours rutilant de vide - salle d'embarquement.
Vol ET 0809 pour une traversée d'un demi continent en Boeing 777. 
Long.


Vendredi 22 avril

Après 11 jours intenses, de retour dans un aéroplane de l'éthiopian air line en direction d'Addis Abeba puis demain Libreville.
 Les yeux et ce qui est supposé être juste derrière encore pleins d'Afrique du sud.
Incroyable pays, incroyables contrastes, incroyable parcours.


Flash back :
    Lundi 11 avril 14h00


Aéroport international O.R. Tambo de Johannesburg, 2ème sous sol, agence de location de voiture Bidvest et départ pour le nord du pays.
Je vous épargne les détails pour quitter la mégapole de près de  10 millions d'habitants et ses (inter) minables banlieues décrépites. je dois quand même préciser, pour les quelques ignares encore présent, qu'ici, l'héritage britannique a laissé la circulation à gauche. Notre carrosse, conduite à droite, donc, se révèle assez simple sur autoroute, mais bien plus rock'n roll au premier rond point !
Bref, quelques heures more later et nous stoppons à Middelbourg, qui comme son nom l'indique, se trouve être une bourgade, à quelque chose près, au centre de notre route. 
Les choses sont bien faites !



      12 avril 
 


Nous quittons la province du Gauteng pour celle du Limpopo, anciennement regroupés, à l'époque "white power" dans celle du Transvaal.
Région de moyenne montagne, canyons, élevage, maraichage.
Nuité à proximité du Blyde River Canyon (ici) et des Three Rondavels ().
Il y a pire !





 




13 avril
 
Entrée dans le Parc Kruger (enfin !) par la Kruger Gate (à y être !).
Une sensible ressemblance aux portes de Jurassic Parc : Double portail surdimensionné, gardes armés, rouleaux de barbelés, miradors et autres fils électriques !
Juste de quoi nous faire comprendre, au cas où nous serions arrivés ici par hasard, qu'à l'intérieur nous ne sommes plus au sommet de la chaîne alimentaire.
Et même sans les nombreux prédateurs, il existe une bonne brouette d'herbivores prêts à en découdre et à nous faire payer des siècles d'arrogante domination.
C'est très bien ainsi, pour nous, un peu moins pour les nombreux mozambicains qui tentent de rejoindre l'eldorado pour finir dans l'estomac d'un Lion-Hyène-Léopart-Croco ou des quatre.



15 avril (bon anniversaire Papa), 16 avril, 17 avril

chaque jour plus incroyable que le précédent, autant dans la faune et la variété de paysages que dans la qualité des camps et de l'organisation.
On parcours ainsi les quasi ¾ sud du parc en rayonnant au volant de notre Honda Mobilio 5 portes gris métal hyper silencieuse, à partir de différents campements et dans la plage horaire autorisé.


6H00 ouverture des portes, 18h00 fermeture et interdiction formelle de circuler la nuit. Période durant laquelle le parc appartient aux prédateurs, et nous en sommes exclus. 
Cela pourrait être dangereux, peu habitués que nous sommes à jouer le rôle de proie.
Ce sont ici les animaux qui sont au zoo et nous observent, tantôt dans nos véhicules, tantôt à travers le grillage des camps. Expérience assez inédite.

18 avril
Nous quittons la place pour finir notre boucle dans le Limpopo et passons la nuit à Dullstroom, au Dullstroom Inn. Anciennement Baptisé Excelsior, un repère en briques peintes et plancher craquant, de vieux pêcheurs à la mouche, accolé à un pub du même moule, l'ensemble est extrêmement Hémingwayien. Beaucoup de charme et de caractère.

19 avril
Restitution du véhicule à l'aéroport puis nous rejoignons Joburg (le petit nom de la capitale économique) en taxi, pour loger dans le quartier de Melville.
Un des plus sur de la cité, en plein jour !

A suivre .....