Tous les dessins, croquis et aquarelles figurant dans ces pages, sauf mention contraire, sont réalisés exclusivement sur le motif avec parfois, pour des raisons climatiques ou temporelles, des finitions en atelier.
La plupart sont sur carnet, quelques uns sur papier libre et dans les deux cas ils ne sont pas libres de droit, merci de me demander l'autorisation de reproduction.

Translate

dimanche 5 janvier 2014

Sao Tome part 2

26 décembre, 11h45,

Après avoir longé la côte sur une route toute de corniche constituée,  nous voila au restaurant, dans le village de  Néves, l'adresse incontournable, dans tous les guides, pour déguster le crabe local.
Un cadre très, trop, rustique, et c'est un minimum minimaliste de le dire, on rame à l'imaginer.
Autour d'une place, au cœur du village, faisant office de décharge municipale, se repartissent des habitations essentiellement des cabanes en bois sur pilotis dans un style bidonville assez avancé. Quelques rares maisons coloniales délabrés à étages peinent à égayer l'ensemble.

Au milieu de la place, quelques autochtones viennent à espaces régulier déverser leurs déchets domestiques et autres bouteilles de bière, effrayant au passage la dizaine de porcs et autant de chèvres festoyant dans ces immondices et participant grandement à la douce symphonie olfactive du lieu.
Des enfants passent en jouant, certains s'arrêtent quelques instants, écartant leur short/jupe et urinent debout pour repartir rejoindre rapidement leur camarades, d'autres s'accroupissent pour déféquer sur la dite place, cherchant de leur main une pierre, un morceau de bouteille plastique, comble du luxe, un bout de papier, afin de parachever leur œuvre et repartent en courant.

S'en est trop pour moi, l'odeur âcre des déjections animales (!) mêlés à tout ce que le petit monde gravitant sur et autour de cette place nous renvoie comme image, c'est indécent.
Non pas que je veuille me voiler la face sur la réalité quotidienne de la misère humaine, mais ce voyeurisme, cette mise en scène,  nous, arrivant en 4x4 rutilant pour manger des crabes avec vue sur cour, c'est trop.
Un Desprosges aurait conclu : "salaud de pauvres,  ils nous gâchent nos crabes", 

c'est pas faux, 

je n'ai rien mangé.




27 décembre,

Nous sommes finalement revenus à la capitale, à la civilisation (!).
Décidément, nos vacances africaines ne nous réussissent pas, aujourd'hui le plus grand nous gratifie d'un 40,2° de fièvre..... Docteur, test palu, pharmacie, la routine....

Maintenant que nous voila véhiculés, nous allons rayonner de Sao Tomé city.

Pendant que le convalescent reprend des forces supervisé en cela par la mère supérieure, après midi snorkelling à Lagoa azul avec le deuxième, qui lui ne s’arrête qu'en moyenne 7 heures sur 24, le temps de sa nuit, et ce n'est pas beaucoup plus reposant....
Bref nous voila donc dans cette magnifique crique isolée, armé de masque et tuba, une eau turquoise, des baobabs sur la plage, des milliers de poissons directement sortis d'un aquarium de carte postale un bien joli spectacle.


Retour par une des plus grandes plantation de l'ile, la roça Agostinho Netto, tout un village aux bâtiments coloniaux œuvrant plus ou moins tous pour la (les) plantation(s), cacao, café essentiellement.
Ici aussi, arrivée en 4x4, forcement nous ne passons pas inaperçus, je vois dans les yeux des gamins un mélange d'envie et de rejet, le même que j'avais dans mon enfance quand débarquaient dans ma cambrouse pour les vacances les parisiens avec la dernière Renault 16 TL full options (à l'époque on disait plutôt toutes options !), antenne électrique, radio cassette auto reverse, le nec plus ultra des seventies pour ne citer que du matériel !
Je ne suis pas à l'aise pour apprécier le lieux à sa juste valeur et ne souhaite pas davantage y rester pour m'en imprégner. 
Comment échanger d'égal à égal dans ces conditions ?
Entre êtres humains ?
Mais il y a, la encore, des choses plus graves que les états d’âme d'un (fortuné) touriste dans un pays en voie de développement.

29 décembre,
Départ pour le grand sud, la route sinueuse mais en plutôt bon état traverse quelques villages épars et nous offre en quasi permanence un point de vue assez exceptionnel sur la forêt la montagne et la mer.
Quelques curiosités assez remarquables et toujours un peu le même "accueil" lors des traversés de villages, pas de quoi un article sur l'invention du fil à couper l'eau chaude ....
Et puis, un peu par hasard, un peu par le bouche à oreilles, nous nous arrêtons à Sao Joa dos Angolares dans la roça San Joa reconverti en
La vue sur la baie de Sao Joa de la Roça
restaurant et hébergement pour touristes.
Le chef, Carlos Silva (un artiste, cuisinier voyageur) internationalement reconnu (vu à la télé !) nous accueille et sera aux manettes aujourd'hui, nous avons visiblement de la chance et son succès n'est pas usurpé.
Ils méritent (la chef et sa roça) vraiment le détour, et à eux seul justifient le voyage.

Soirée à la capitale, le grand va mieux et tient à skater quelques spots repérés auparavant. Je prend de quoi dessiner et, en avant Guingamp, nous voila autour de la cathédrale, à coté du palais présidentiel, chacun dans son activité. Un très bon accueil de la part de la population, il faut dire que nous assurons le spectacle, même la garde républicaine est venu à notre rencontre. Un peu inquiet au départ, une méfiance toute naturelle à la vue d'une meute de 5 ou 6 bérets rouges armés de kalachnikov s'approchant d'un pas décidé !!
Mais que nenni, point belliqueux ils étaient, juste une saine curiosité.

Il existe des situations plus inquiétantes ......

vendredi 3 janvier 2014

Sao Tome part 1

23 décembre 2013 12h23


Aéroport international Léon MBa de Libreville zone Duty free, du champagne, des cigares, du parfum, du whisky,  des montres de luxe, une clim à 17 ° , le fascinant monde des business man à portée de main, ça fait rêver !

18h00 heure locale, nous voila à Sao Tomé,  dans la capitale éponyme après 50 minutes de vol seulement. Un ATR 72, le même qu'air St Pierre en plus grand, mais ici avec 2 bagages perdus ....

 Respirer par le nez ....

Nous nous rendons au comptoir de la compagnie à l'aéroport,  le responsable simule l'incompréhension et se tire subitement ...

Respirer par le nez ...

Taxi, ou du moins le véhicule qui fait office de, direction l'agence de la dite compagnie au centre ville et ... même chose, ils ne peuvent rien pour nous, ni passer un coup de fil, un fax, un mail, ni remplir une attestation, ni rien du tout et ont surtout l'intention de ne pas en faire plus. Le ton monte, j'explique alors à la directrice, ou du moins la dame qui fait office de, avec la grande diplomatie qui caractérise tout latin d'origine un peu en surchauffe,  mon étonnement devant son abyssale incompétence ... elle n'a pas aimé ...
Je lui suggère alors de respirer par le nez et laisse à d'autres le soin de tenter une éventuelle suspicion de début d'explication.
Trente minutes plus tard, nous voila à l'hôtel avec juste nos brosses à dents.
Respirer par le nez, il y a des choses plus graves.

24 décembre  Il y a des choses plus graves.

Épaves dans la baie de Sao Tomé
Trouver quelques fringues au marché central, une aventure haute en couleurs, tongues, shorts,  maillots de bains,  le minimum vital sous ces latitudes. Cent dollars US par bagages grassement octroyé par l'agence,  même jusqu'ici le billet vert est roi, la monnaie locale étant le Dobra (24500 fois moins cher que l'€uro) le change nous donne droit a quelques brouettes de monnaie de singe, pas très pratique à gérer,  mais il y a, la aussi, des choses plus graves.

Le soir on se dégote une sorte de bodega portugo-santoméene, c'est soir de fête,  gambas, vin blanc, rhum en dessert, je m'endort vite .....

Le père Noël étant dans les bagages et l'agence ne prenant pas en charge ce genre d'aléas,  il passera demain !

25 décembre  

2 jours de perdus ou nous sommes passés à côté du lieu, happé par les formalités,  de la petite gestion du quotidien, rien que des jolis moments !
Bref, on arrive à s'en détacher et à s'immerger dans ce bain afrolusocaribeen.
La ville est belle, beaucoup de maisons coloniales majestueuses à la beauté délabré,  pas sans rappeler la Havane,  en miniature et largement moins militarisé, mais ils n'ont pas non plus la même histoire et la ville en perd avec une bonne dose de romantisme et puis nous sommes, malgré les apparences,  quand même en Afrique ....

Nous avons récupéré nos bagages,
      Mais il y a toujours des choses plus grave.

On profite de la plage (propre), des eaux turquoises, d'un civisme routier relativement évolué et d'un tourisme encore balbutiant mais tellement enjoué !
Demain, on part dans le nord.
La savane, les montagnes, les baobabs géants pleins de promesses du petit futé (notre guide de voyage).

....








dimanche 22 décembre 2013

Dernier post de 2013

Lundi 18 décembre 2013, huit heures trente.


Libreville, consulat de Sao Tomé & Principé, une enclave toute caribéenne sur le continent africain, la salle d'attente est comble.
Summum de l'extravagance, je patiente (!), encerclée par cette atmosphère lusophone enjouée,  je n'ai guère le choix, pour déposer une demande de visa touristique.
Une formalité de quarante mille francs CFA par personnes.


En route pour l'ile du milieu du monde.



Effectivement, situé à l'intersection (ou pas loin) de l'équateur et du fameux de Greenwich, on ne peut être plus au milieu, mais sur une sphère, ou ce qui s'en approche, le milieu n'est jamais très loin de son anus, ça tombe plutôt bien car les trous du culs du monde sont en général plein de charmes, souvent cachés !

Attention toutefois à ne pas confondre non plus le milieu et le centre, celui ci étant, comme chacun le sait (ou devrait le savoir) situé dans la gare de Perpignan, quoi que j'en connais qui affirment que du temps de la Pangée, ça ne nous rajeunie pas, il se trouvait du coté de Millau... Mais si on commence à écouter tout le monde .... Ils ont déjà leur viaduc ....

Il n'est pas non plus comme beaucoup en sont convaincus situé sur leur première cicatrice ombilicale, et pourtant a en voir certains.....


Bref c'est encore une histoire de palabres interminables. 

Connaissant son, ou ses, centre(s), ainsi qu'une bonne partie de ses nombreux trous du culs géographiques ou culturels, ce qui soit dit en passant est une notion toute relative,

il me reste donc, entre autre, le milieu à découvrir et j'aimerais bien aussi approfondir le coin en haut à gauche..... 
J'espère dans cette vie.....

Bonne année à tous !



lundi 9 décembre 2013

Bilan des cents posts

Déjà plus de cent posts et toujours aussi peu de progrès, la même sensibilité, la même incompréhension des gens qui ont le costume et du monde dans lequel ils vivent.
Adolescent, en France, la rigidité institutionnelle, la frigidité émotionnelle avaient déjà tendance à rendre sensible l'érectilité de mon système pileux.
Des promesse d'avenir plus qu'incertaines, cette fierté pour son passé guerrier et sanguinaire, cette façon de donner des leçons à la planète entière...
Je suis où ?

Emporté par le flot sentimental et estudiantin, avec pour seul bagage aucun recul sur la vie, je me laisse trainer jusqu'au monde des actifs. 

[ Monde des actif : Désigne un genre proche de la science fiction où les adeptes pensent que le travail serait salvateur.
exple : Mon petit Helmut, cesse donc de travailler autant, pense aussi un peu à ta famille et à ta patrie !] 


L'institut français du Gabon

Je me laisse donc balloter, inconfortablement installé dans des cases attribués d'office, jusqu'au professionnalisme. Quelques migrations géographiques et de belles rencontres oxygènent le quotidien, mais les habits deviennent rapidement trop étroits, manque d'espace, d'aisance avec surement un soupçon du syndrome de l'herbe verte du voisin ...

En route pour l’Amérique, le nouveau monde, un autre monde. 
Un petit bout de caillou perdu au bout du golfe du Saint Laurent déjà dans l'atlantique nord, à quelques encablures de Terre Neuve, un bien joli nom, encore, et surtout des images incroyables et quelques jolis rencontres. 
Première expérience de l'insularité, avec des gens à la solidarité admirable et d'autres à l'ambition et l'individualisme démesurés.

[ Insularité : nf, à forte dose : Loupe citoyenne agissant sur certains aspects de la personnalité à l'insu du plein gré du sujet concerné.
exple : "Norbert ! Te serait il possible de relever la tête ? Ton insularité me raye le parquet !" ]

Bref, un passage, car nous nous sommes bien fait spécifier que nous n'étions de toute évidence que de passage, dans ces conditions, l'installation à long terme est compromise dès l'arrivée....
 De passage, mais une expérience marquante, et nous y retournerons un jour, c'est sùr. Un brin mélancolique de ces grands espaces, de ce ciel infini et de cette lumière toute "Hopperienne" !

Quatre ans après nous quittons le navire et retournons à l'amère patrie.
Toujours des cases, encore trop petites, je respire mal, le temps me glisse de partout, la machine ne s’arrêtera pas.

Dix mois et quelques clicks plus tard je dégote un plan B autour de l'équateur, brèves concertations et direction l'Afrique.

L'incontournable condiment africain
Un vieux rêve, comme pour beaucoup je suppose, un bon gros cliché, de belles images d'un continent décris par et pour le monde des blancs, évidemment la réalité s'affirme  beaucoup moins esthétique, beaucoup moins romantique.
Nous voila donc propulsés dans un autre monde extrêmement différent qui est bien disposé à épouser rapidement une forme de modernoccidentalisme adapté, arrangé, épicé, à la sauce africaine.

[ Modernoccidentalisme : nm : Modèle capitaliste et ultra libéral se permettant presque tout sous couvert de démocratie triomphante. 
exple : "Charles-Hubert votre modernoccidentalisme commence à me les briser menus !"]

A peine deux ans sur place et je me demande à quoi peut bien ressembler l'Asie ?

En attendant je compile et archive des images et des impressions dans mes carnets, une restitution esthétique de mon regard sur le monde.

lundi 2 décembre 2013

Chronique de novembre




Samedi 23 novembre 2013
Santa Clara

20 heures, il fait encore chaud,
je suis en terrasse, sur le bord de mer, enfin, de l'estuaire,
au centre de la capitale, une Régab, une coupelle de cacahouète.
Une légère brise marine, 
C'est pas pire...

Pas mal de joggers, quelques promeneurs,
le bar est plein, Libanais, Gabonais, Espagnols,
un petit air estival de station balnéaire.

Quelques Chinois dans l'estuaire,
finissent de racler les dernières langoustes de la saison,
ajoutant des étoiles dans l'outrenoir aquatique,
faussant ainsi, dans l'obscurité totale, 
l'impression d'horizon.

Tout est calme et paisible,
et comme dans chaque bar qui se respecte,
la télé allumé en permanence,
passe en boucle depuis une heure
les évènements en République Démocratique du Congo, en République Centre Africaine, au Mali.....

Nous sommes cernés !



Ballade en forêt
Santa Clara en N&B

















Quelques portraits d'ateliers


lundi 11 novembre 2013

Le velvet, le Typhon et les frontistes !

A l'heure où l’Amérique enterre encore une icône de son glorieux passé, 
à l'heure où l'Asie essuie encore un furieux coup de vent, 
Le calme de l'Ogoué, 
chez Schweitzer, à Lambaréné
à l'heure où l'Europe s'oriente encore et de plus en plus vers une voie à l'issue malsaine et pourtant tristement connu, où certains humanoïdes responsables (wouaw !) se permettent des immondices verbaux envers des hommes (femmes) d'état..... 
Ce qui, si l'on s'en tient là, ne serait pas particulièrement choquant au vues des inepties de ce pseudo ersatz de démocrachie.

[Démocrachie ou monarcie ; nf ; Contraction de deux systèmes de gouvernance permettant de faire illusion de l'un tout en fonctionnant comme l'autre. Système éprouvé dans de nombreux pays développés avec plus ou moins d'élégances.]

  Mais ici, point de fond le sujet, non, non, ce ne serait que bien trop élever le débat et puis en sont ils seulement capables ? 
Il s'agit uniquement de la forme, tout ce vomis syllabique n'est occasionné qu'à la gloire de la couleur de peau de la victime !
Où quand la forme de certains discours nous apprends beaucoup sur le fond de leur pensée.....
On frise le Nobel de connerie, la légion d'horreur, le Goncourt du III° reich !

Manque plus qu'un archiduc fusible ne se fasse défoncer le caisson au volant d'un cabriolet allemand dans les alpes autrichiennes par une bande de Roms (forcément) sanguinaires..... Alors on repart....Comme en quatorze !

Un bel hommage pour le centenaire !

Je préfère, en ces glauques heures, au moderne confort occidental, mon modeste quotidien chaotique bercée d'incivisme basique, mais Ô combien inoffensif pour l'espèce humaine !


......Hey babe, take a walk on the wild side.....
Le même en couleurs

mardi 5 novembre 2013

Lambaréné, le fleuve, les gens, l'éclipse.

Évènement rarissime, rameutant tout ce que le gratin mondial compte de spécialistes en matière de phénomènes astronomique (hors frères Bogdanoff, trop chers !), le Gabon accueille l'éclipse totale, la deuxième de 2013, une espèce hybride d'abord annulaire puis totale par la suite.




On ne sait combien cela a du couter au gouvernement pour avoir la primeur du phénomène, qui, je vous le rappelle bande d'ignorants, ne se produit que très rarement, la prochaine au Gabon : Le 12 mars 2165 !
Par contre il est des bruits de sources certes incertaine mais à la fiabilité relative, annonçant plus de 3 000 000 000 de francs CFA (oui trois milliards soit 4,5 millions d'€uros) pour faire venir la Roja, qui, je vous le rappelle, ramassis d'inculte que vous êtes, est l'équipe d'Espagne de football. tout ça pour un match amical (c'est cher l'amitié) contre les panthères, l'équipe locale.
Trois milliards pour onze bellâtres jouant à la baballe, je vous laisse imaginer le nombre de zéros qu'il a fallu aligner pour convaincre notre satellite, la lune bande d’analphabètes !, de se positionner dans l'axe soleil terre !

Tout se monnaye ma pov'dam !
Déjà le père Colomb vers 1504 a du faire péter quelques lingots pour amadouer ces acculturés d'indigènes américains avec une modeste éclipse lunaire et les conséquences que l'on connait pour le continent.

Ce coup-ci c'est au moins la conquête de l'univers qui est en jeu !

Mais pour que l'histoire paraisse moins grossière aux yeux du monde, les choses sont quand même bien faites, Libreville ne sera pas sous la couverture totale de l'ombre de la lune qui va couvrir une bande de 50 km d'un peu au sud de Libreville jusqu'à un peu au nord de Lambaréné.

Nous voila donc embarqué pour un week end sur le fleuve avec un retour le dimanche 03 novembre et une halte prévue aux alentours de Makouké entre 13H15 et 16h15, lieux et horaire bien évidement situés dans la zone fatidique.

L'Ogoué, à Lambaréné
Une minute dans l'ombre de notre étoile, entouré d'observateurs autant fascinés que ridicules !
Une atmosphère très "ile de Paques", mais si, l'ile Chilienne au milieu du Pacifique océan, l'ile aux grandes figures figés (moaï), regardant la même direction et au destin tragique ! décidément !
Le parallèle est troublant n'est il pas ?
....Au moins pour le côté figé .......

Départ pour Lambaréné vendredi premier novembre, le jour des morts, nous ne sommes pas superstitieux, heureusement car les quelques deux cents et quelques kilomètres de route (un bien grand mot pour signifier l'assemblage plus ou moins continu de plaques goudronnés !) sont régulièrement ponctués de compressions, habités, involontaires et dynamiques dont certaines d'une spectaculaire efficacité et ce n'est rien de le dire.
bref trois heures trente plus loin nous voila simultanément en hémisphère sud et encore en vie......ou vice et versa !
Chez les sœurs bleus
La journée s'écoule au rythme de l'Ogoué, tranquillement. Beaucoup de blancs, les hébergements affichent complet. on déniche un petit maquis très local, derrière une station service, au fond d'une impasse, entre deux murs avec vue sur rien.... Une obscure première impression mais un riz Tchep assez fabuleux nous éclairci les papilles et Madame M'Baye est aussi exquise que ses préparation, l'adresse est noté.
Nuit chez les sœurs de l'immaculée conception (Mouarf ! Mouarf !)



Samedi, 
Matinée sous des trombes d'eau, le ciel se vide, c'est temps (!) mieux pour demain !
Croquis de l’Hôpital Schweitzer
Les piroguiers affichent complet eux aussi, les blancs sont partout. Nous voila donc, condamné à errer dans la cité, notre chemin croise celui de SIAT Gabon ou l'on y produit de l'huile (de palme) et du savon (de Marseille !), on tente un coup de bluff pour essayer une visite mais les abysses administratives nous obligent à un repli sur le quartier populaire Isaac et le tout autant pop marché aux poissons. Sur le retour un train de grumes sur l'Ogoué dirigé par trois remorqueurs tente un passage sous les piles d'un (des deux) pont de Lambaréné, tentative réussi.

Fin de journée (16h00 !) avec un bain dans le fleuve.

L'Ogoué à Makouké
Dimanche 03-11-13,
Jour J, on part assez tôt vers le lieux prévu pour l'observation du croisement des trajectoires, un site dégagé (pour voir l'ombre), à proximité d'un village (pour la pédagogie) et du fleuve (pour le romantisme). 
Toute une armada de scientifiques (CNES et ESA pour la plupart) est sur place avec une batterie impressionnante d'appareils en tous genres pour mesurer la luminosité, la température .....
On est prêt !


Quatorze heures quarante, ..... Un joli moment d'humilité.....

lundi 28 octobre 2013

Le Gabon, Libreville le reste et les jolis moments




La vie dans les quartiers, la simplicité des choses, les ciels d'orage, la forêt bruyante et odorante.

Les sourires d’incompréhension culturelle réciproque, les sincères et les autres, ceux des gens qui ont une histoire.




L'espace disponible, les grands ciels colorés, le vent qui précède la pluie.

La sérénité et le calme des villages, l'eau, le fleuve, la mangrove mystérieuse, les odeurs après l'orage.

La puissance de l'océan et le calme de l'estuaire, le fragile équilibre du mélange des cultures.

Les plages désertiques ponctués de grumes, les paysages de savane à l'heure des grandes ombres, la nature primaire, parfois hostile.

Et le temps passé, posé,  à observer, rencontrer et carnétiser !


Tailleurs de pierre de M'bigou


Le stade de l'amitié Sino-Gabonnaise construit a l'occasion de la CAN 2012










Embarcadère de Michel Marine


La pointe Denis et les plateformes de forage qui s'approchent des cotes
La savane qui se jette dans l'océan à la pointe Denis






 

mardi 15 octobre 2013

Traditions


La plage vers le Cap Estérias
Beaucoup de choses peuvent se loger sous la grande chapelle conservatrice des traditions, un joli prétexte pour y abriter un peu tout et n'importe quoi. Encore une belle invention de l'homme, un joyeux bordel pour se permettre pas mal de choses qui habituellement ne passeraient pas le seuil du simple respect de l'autre, encore faudrait-il que l'autre soit respectable ! Alors on use et on abuse, protégés que nous sommes par ce miteux alibi, méprisant jusqu'au trognon les fondamentaux de la base des soubassements du principe (….) de la civilisation.
Un voisin décède, paix à son âme et au reste, et, la nuit qui suit son passage à trépas est consacrée (en un seul mot) à la veillée du mort. Sûrement trop content d'avoir enfin crevé le vieux, faudrait pas qu'il s'échappe dans la dernière longueur !

Jusqu'ici, rien de très original, patience, patience !

Papaye verte
L'après midi, quelques délicats chants religieux s'envolent de la maison fatale, presque émouvant ;-)
18h00, la nuit tombe, elle aussi, les héritiers potentiels et émus de tous bords quittent le navire. Les très proches doivent partager un dernier repas avec le feu grand oncle ou grand père, puis aux alentours de 19h00, l'apothéose, on met les amplis sur la terrasse, le son dans le rouge et un CD, plusieurs même, de chants religieux aux paroles affligeantes, ce n'est pas nouveau mais c'est rien de le dire, et à la bande son travaillée, c'est un bien grand mot, au synthétiseur façon variété disco des années 80 à la sauce équatoriale.

Touriste à l'institut Français

Un genre d'effet de Compagnie Créole remixée par les Bee Gees et joué par Motorhead, le tout distillé par un autoradio Leclerc d'une ZX de 1992, repeinte blanc nacré en 2002 aux jantes alu et aileron assorti (!) et surtout portes grandes ouvertes, 10 heures durant, sans interruption.
Sûrement pour finir de convaincre le vieux de rester dans l'au delà ou d'ici !

Volets clos, fenêtres aussi, rien n'y fait on ne peut fermer l’œil.

Que dire ?

Que faire ?

Rien, nous sommes les étrangers en terre hôte, et quand bien même.

On respecte, l'irrespectable, les traditions, c'est sacré !



Encore un ciel et des arbres


Le dessin de base de celui du haut





mardi 8 octobre 2013

Mescladis


Logiquement, mais oui, il en existe, logiquement donc, au Gabon, à Libreville ici comme ailleurs l'histoire forge au grès des événements et des migrations de populations.
Politique, économique, colonialiste, peu importe la raison, les peuples passent et laissent trace, plus ou moins volontairement, plus ou moins consciemment.
Une grume du Cap Estérias
Le même pays peut être étrangement et durant la même période un eldorado et un purgatoire mais rarement pour les mêmes personnes, en tous cas pas sur des mêmes instants, sauf si le pays dans son ensemble est frappé de dédoublement (ou triplement) de la personnalité chronique !
Le Gabon, ancienne colonie française, je ne vous apprend rien, représente dans la région (centre Afrique-équateur) la stabilité, visiblement recherché au moins en apparence , mais le contraste transfrontalier est si aveuglant que la plus haute marche du podium est quasi-imprenable, les concurrents se tirant régulièrement une balle dans le pied, où ailleurs !
Cinquante ans sans événements majeurs, c'est à dire sans un coup d'état ou sans une révolutions, ce qui, par ailleurs est la même chose, comme un résistant et un terroriste, dans tous les cas c'est le vainqueur qui va statuer sur la case dans laquelle on va enfouir la dépouille du perdant ou ses restes, s'il en reste !
Il est plutôt de coutume ici d'utiliser la machette ou tout autre solution définitive que d'user de palabres et diplomatie à langue de bois plutôt propriété de richeshypocritesdonneursdeleçonsetsouvent (anciens) colonialistes, occidentaux mais pas que.
Encore une étude de ciel et d'arbres
Je disais donc que les gabonais sont logiquement, j'insiste avec la logique car cela me repose d'en trouver une, quelle qu'elle soit, logiquement donc majoritaire chez eux. Et pourtant, 1,6 millions d'habitants dont un tiers d'étrangers (chiffres approximatifs mais ne devant pas être bien loin de la réalité), c'est très peu, en tous cas insuffisant pour faire fonctionner le pays en mode occidental. Les vannes sont donc régulièrement ouvertes, le journal local offrant des pages et des pages aux offices migratoires pour permettre un flux de main d’œuvre bon marche de provenances diverses et variés, et inversement.
Beaucoup de ouest-Africains, de centrafricains, l'herbe étant (réellement) plus verte ici et surtout plus grasse, œuvrant essentiellement comme bras du Gabon.
Une grosse communauté Libanaise, quelques satellites nord Africains, du Maroc à l’Égypte squeezant majoritairement la grande distribution et le business automobile. Une belle échappée des asiatiques, Chinoise pour beaucoup, dans des cercles fermés comme le bois ou plus ouvert comme le commerce ou la restauration (quelle surprise).
Et puis il y a les blancs !
Ah les blancs, européens ou nord américains, ...
Paysage urbain
l'élite, ...
un gage de sérieux,...
un passeport vers la réussite.
Toujours dans un beau costume, des souliers fraîchement cirés, se déplaçant uniquement en voiture avec chauffeur !
Je ne parle pas ici de l'homme au gilet multipoches (voir post précédent) ni même du brave soldat, ou fonctionnaire, venant (re) dorer, son portefeuille et par la même occasion le blason de la patrie des droits de l'homme.
Non, ici c'est le standing, le monde des affaires, le bling bling façon white people, la grande classe !
Un barbouze en Berlutti, un provincial en Hugo Boss, un fils de avec la caisse à papa.....
Bref une carrière inespéré, un cadre, un dirigeant sur parole !

Le monde change ?